Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 12:17

rêves rares les forêts sont hantées d’aphrodites des marais qu’une gargouille populaire craint mais en fait doucement prodigués leurs soins sans méfaits restaurent et rassurent restes d’air traverser ces forêts qu’on dit sales et maudites s’échapper des clapiers des cellules du décorum qui vaut pas une messe ce danger n’en est pas leste pas transformés par la joie des clairières où l’eau claire rend vivantes les racines c’est de ça qu’ils ont peur maudits soient leurs fins rassurant leurs arrières geste las le chemin est très long barbouillé de fatigue d’intrépides malhonnêtes enfin bon des experts qui espèrent le pouvoir de voleurs ou d’escrocs fiers diseurs d’aventures messe basse rien n’implique le retour les sandales secouées la folie de la ville est derrière et c’est bien qu’ils persistent et pourrissent continuent de suer troubles pestes ils ne voient ni n’entendent l’ondée vertigineuse des lueurs matinales qu’un silence à peu près cueille en tremblant cœur libre hier aujourd’hui demain sont unis dans la main tenant comme c’est étrange un mélange indicible serait-ce donc une âme

Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Interlignes
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 12:16

Cadeaux, cartes, rubans, lumières, fois gras, pâtés, mousses et glaces, hop, hop, les courses sont diverses et urgentes. Papiers, projets, listes, visionner la place des convives, leurs vœux, intérêts, petits penchants et la neige, la neige c’est pour quand ? Le froid dehors rapprochant.

 

Oh, cette période ! Il ne regarde qu’au loin, la blancheur sur les cimes et plus loin encore, dans le ciel, l’impossible oubli. Il sort promener son corps loin de l’effervescence, ira peut-être sur une tombe mettre de l’ordre dans les hortensias posés le mois passé.

 

Vite, vite, vers la ville, c’est ouvert ce dimanche. Place de parc, chance, chance, c’est bien qu’ils soient ouverts. Saumon, toast, viande, du pain mais oui mais surtout sauces, bûche, cravate, bouteille au travers des bonnets, poussettes, passe-montagne, cannes, bâton, déambulateurs dernier cri.

 

Ils se croisent.

 

Il s’arrête près d’un champs, se parque, respire. Rien n’empêche plus de n’y plus penser. Il y a bien des choses en ce mot mais c’est un mot qui souvient. Et puis ici, rien non plus pour que cette envie de ne parler à personne soit rendue coupable.

 

Pressons, c’est le soir, table, costume, frigo, cave, cadeaux, vins, salades, viandes, sourires, rires, ivresses et petit Jésus.

Foule, froid, marche, poussettes, après-ski, place de parc.

 

Ils se croisent à nouveaux.

 

Fêter quand même ? Mais fêter quoi ? Le crépuscule joli où hésitent quelques flocons. Il ouvre une bouteille, ni trop rouge, ni trop blanc, ah le petit bruit du bouchon dans la pièce sans sapin. Pas de télé, ce soir, soit trop baveux − il ne veux pas qu’on lui rappelle qu’il est seul −, soit trop familial − sa famille est son je qui est ailleurs.

 

Santé, santé, tout brille bien sous l’étoile d’argent, les paquets vont s’ouvrir, la tension s’abaisser, l’homme en rouge s’apprêter. Il est l’heure les enfants, hop, hop, au lit, sable, rêves et sourire de petits déjà jouant.

Une grappa pour digérer ?

Santé ! au frigidaire gardant les restes d’une raclette avalée sans appétit. Le monde impose déjà beaucoup moins, tourne un peu mieux malgré ces rires en dessus, à côté.

Une grappa pour digérer ?

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 08:47

Ils sont partout désormais. Espagne, Grèce, Belgique, Allemagne, Etats-Unis. Qui ? Eux ! Qui ça eux ? Tous et personne. Un peuple ? Même pas, un mouvement, une idée en marche, un désir de changement. Lequel ? Rien de précis. Gauche, droite ? Ni l’un ni l’autre. Et les politiques ? Ils ne sentent pas encore le vent tourner. Ils essayeront bien de reprendre quelques idées, comme avec l’écologie. Ça suffira ? Rien n’est moins sûr. Revendications ? Un tas. En fait, l’expression d’un ras le bol. D’autres valeurs sont demandées.  Mais comment voulez-vous faire si on ne connaît ni leur obédience, ni leurs revendications ? Justement. Justement quoi ? Stratégie, inattaquable. Dangereux ? Cela dépend pour qui. Ils excluent la violence. Passages télévisés ? En masse, rarement en particulier, pas de hiérarchie, de porte bonne parole, donc, de cible. Bah, des adolescents qui finiront bien par se ranger. Pas tout à fait, une grande majorité a plus de 40 ans. Enfer, et comment s’organisent-ils ? Sur la toile, d’un peu partout et tous en même temps. Contrôles ? Possible mais trop chers. On fait quoi alors ? On promet. Encore ? Vous avez d’autres idées ?

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 10:12

Les mains tendent vers le galbe se géminant de temps en temps, procurant aux yeux l’étincelle d’enfance. Cela sille au-dessus un trouble deviné plus que vu mais cela trace une image résistant…

 

Ces routes d’été où l’air immolé tremble et s’embrume de soi-même.

 

Odeurs nobles tout autour qui souviennent étonnamment, une origine.   

 

L’esprit fouaillé se calme et retourne, par l’ondulation fascinante, à l’ailleurs imprécis d’un lieu seulement joint par hasard.

 

Elles donnent à la matière qu’elles détruisent, des velléités d’expression, une âme exploitée pour leur danse éphémère et qui souvent pétille d’une courte plainte. Du corps mourant surgissant, aspirant au ciel, s’éteignant soudain dans le plus grand silence.

 

Les mains tendent vers l’enfance brûlant, réchauffant encore. La matière est éternelle, sa métamorphose infinie ! Lumière et chaleur ainsi procurées sont un dû aux doigts demandeurs d’encore toujours plus.

 

Il souffle en second plan comme un vent d’hiver non vraiment pris en compte. Un rayonnement fossile alimentant pourtant, procurant l’essentielle respiration. Les belles trois-couleurs y puisent la force servant leurs ambitions rageuses. Jusqu’au ciel !

 

Spectacle d’étincelles tremblant l’air autour, l’inondant d’odeurs personnelles, pétillant au firmament qu’elles voudraient sien des êtres multiples aux désirs euphoriques d’évasions.

 

Au matin, la grise âtre fume dans l’air froid les poussières des flammes retombées. 

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Interlignes
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 12:11

Rencontré au hasard d’une flânerie, l’aigu de votre présence placée au firmament m’a plu tout de suite. Vous me parliez, ou, du moins, l’ai-je cru.

L’histoire que vous me ne me racontiez pas se devinait néanmoins sur les remparts de votre corps. Quelques griffures indiquaient, en des places très précises, les sépultures des notables qui vous ont libéré et le vitrail de votre regard m’a acquis à votre cause.

Quelle était-elle ? − Chut !

Plongé dans l’ombre, j’écoutai couler le temps qu’ordonnait un soleil frère. Votre âme est un déambulatoire au travers duquel j’aurais aimé passer en des temps variés. Je voulus voir vivre ces recueils de poussières dans les lumières diverses des saisons et des lunes.

Que s’y disait-il et avec quels accents ?

 

Vous respiriez, ces jours d’été, des parfums orphelins qui racontaient une source de plus en plus diluée. On ne savait plus très bien mais vous rappeliez sans cesse à vos visiteurs que tout converge, qu’il est une erreur de vous approcher, un dessein à l’esprit. Ceux qui le comprirent et se laissèrent ensilencer furent alors accueillis, recueillis et se retrouvèrent réunis, comme par miracle. Ils vinrent, restèrent. Leurs traces sont partout dans les ténèbres de votre présence, Cher Milan. Elle sonne comme une diane aux auditeurs attentifs.

Ils passaient, donc, sans un mot, de jour comme de nuit, au travers du temps disculpé, libéré par les ombres qu’ils languissaient. Leurs traces sont fraîches. Les notes qu’ils vous ont apportées vibrent encore aujourd’hui d’une mémoire éternelle.

J’ai rejoint l’immunité de votre solitude comme on visite un vieux parent perclus dans le temps, à la sagesse duquel on aimerait boire. Ni isolement, ni abandon, dans l’entièreté d’une vérité, un départ, une arrivée, une origine, un soi. Ce qui est seul est attiré par ce qui est seul et ne cesse de vouloir le rallier dans un désir de fusion.

Qui, déjà, écrivit que certains lieux ont de l’esprit ? Car vous êtes un lieu où se raconte par tous la même recherche, n’est-ce pas ? Combien avez-vous vu de ces drôles de conflits qui n’ont laissé d’empreinte qu’une intrigue que l’on s’attache à garder par simple voyeurisme ?

Impassible, vous convoquez en vos lieux les voyageurs du temps qui passeront tandis que vous resterez sans doute.

Vous souriez ? C’est au chêne de Hongrie à votre porte ombrageant, protégeant, ah, murmurant. 

Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 21:00

Ombre et lumière s’écarquillent dans la chambre où le corps se repose.

Les volets sont fermés, les murs, silence, ajouté du murmure tes tableaux.

Ombre et lumière font au plafond le combat dans le ciel. Le regard du corps est posé dans ce ciel où s’ébat la durée. La mesure du silence.

C’est parfois l’ombre, c’est parfois la lumière. La lumière c’est l’éclair, l’ombre, le ciel. L’éclair blanc aussitôt englouti. Le lien ne dure pas. Le corps le sait bien. Il craint l’ombre comme aime la tombe, le silence. Mais le soleil falsifie ses espoirs.

Les murs soutiennent les murs apaisant le corps. La très courte phrase du plafond rassure. Quelqu’un qui serait là. Le regard du corps aime ce plafond. Il y est perdu.

Les tableaux sur le mur s’allument et s’éteignent. Ils sont éteints allumés. Le beau sourire dans la photo encadrée ferait pleurer ce quelqu’un qui serait là. Le sourire est l’éclair qui déchire le ciel. Le temps referme aussitôt la cicatrice.

Sur la commode, le chandelier sans bougie dit :

Les choses mises au-devant cachent les ténèbres. Les idées misent au-dedans emplissent les abîmes.

La croix sur le mur est devant d’infini. Ombre et lumière y passent sans ciller.

Comme le regard étrange du corps en repos. 

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 21:00

oublié pas pour tous car voici que certains se préparent en silence au grand rapt des sens dans l’intime déchéance qui précède c’est certain la puissance le pouvoir sensations d’existence dénuées de substance c’est pourquoi ils appellent le renfort du non-sens qu’ils opposent à leur sens vieille usées archaïques obsolètes dépendances à quitter sans remord tout de suite grands coups d’ailes emportant aux visions o merveilles o merveilles on y va sans regard en arrière citadelle tes discours ton blabla on te laisse tes ivresses on n’est pas trop orphée on veut juste qu’ça se taise bon partons par les rues respirons la poussière soulevée par nos pas essuyons nos sandales sourions aux passants ils seront bientôt hier hilarant pourquoi pas mais il faut qu’on détale avant d’être redressé recourbé redressé l’heure primaire nous attend hissons-nous hors du temple bric-à-brac de croyances donc des peurs imagées transférées en partie aux programmes politiques bien plus là bien plus près bien trop là bien trop près les voici près des prés des fortins de vieilles briques c’est la porte vers l’oubli qu’ils désirent et qu’ils aiment en posant leurs bagages ils se disent en murmures vadam et circumibo civitatem très en forme motivés pleins d’emphase ils assurent assumer leur désir d’aller vivre au lointain l’inquiétude d’hors des bans qui réveillent les instincts

Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Interlignes
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 21:00

Tout rendre, ne rien garder sinon un peu de chaleur que la nuit oubliera. Prendre d’hier au présent des flexions d’autrui, qui les prirent d’hier en leur présent d’antan.

 

Fléchir à nouveau ne revient qu’à donner du passé l’image qu’un passé propre a déformée.

Les mots ne peuvent jamais rien peindre qui ait déjà été peint, ne peuvent être dépassés qu’au risque de briser le sens. 

D’hier à aujourd’hui se définit le sens du sens. Hier est ce qui est su, dans lequel on puise pour dire aujourd’hui .

Ce n’est pas le présent.

 

Le présent semble coincé entre hier, qui dit aujourd’hui, et demain qui dira aujourd’hui.   

Ce n’est toujours pas le présent.

 

Le présent est, au dehors de toute mémoire, de tout sens, la réalité inexprimable.

 

Mélanger tous les sens − les corrompre −, c’est désirer exprimer l’inexprimable de la réalité.

Certains l’ont tenté.

Le mot reste, néanmoins. Mémoire. Il murmure un sens en deçà de la proposition qui n’atteint ainsi son but qu’en partie.

On veut toujours comprendre. Ce devoir de vouloir comprendre nous apaise et nous damne en même temps.    

 

Peut-être avons-nous si peur de nous retrouver seul qu’il nous est un soulagement de se dire que même si cela advenait, nous aurions encore cette compagnie venant du passé. Notre peur du vide est immense.

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 10:22

J’écris dans le sable ce qu’évoque le vent du désert : aucun projet. Pas d’objet. Point de repère. Cela signifie qu’il n’est de lieu où demeurer, où être.

Aucun chez soi.

Chez soi n’est jamais chez soi. Tout ce qui est extérieur à soi n’est pas chez soi. Un bâtiment, un pays, une idée.

Soi-même.

 

Je crois qu’on nomme idiosyncrasie ce qui désigne le plus près de l’intime. Un mélange particulier, antérieur, qui fait ce que nous sommes.

Nous sommes devenus. Nous ne serons jamais que ce que nous serons devenus.

Un mélange particulier issu du passé fait ce que nous sommes. Il en résulte une longueur de retard. Au contraire du vent. Au contraire du sable. Or, il y eut ce mouvement des masses d’air, or le sable peut se décliner en atomes auxquels on découvrira un jour une mémoire ; sans doute.

 

Il n’y a pas plus de solitude ici qu’ailleurs dans la foule. Il n’y a, il n’est, que ce qui est et qui ne peut se dire.

Pas d’objet. Pas d’isolé comme dans ce pandémonium de plus en plus policé où nous tentons d’exister, emportés dans un processus chronique d’amélioration, de perfectionnement. Nos êtres sont des machines dont le corps fut exploité, dont l’esprit est gouverné par des experts à la science desquels on feint de croire plus qu’à la réalité. La parole de l’esprit n’est depuis longtemps plus source d’étude. Ce qui est étudié est la manière de le captiver afin de le capter. Le processus d’amélioration, de perfectionnement, est l’une de ces ruses.

Ces projections, cependant, aveuglent plus qu’elles n’informent. La plupart des projets enchaînent plus qu’ils ne servent. Serait-ce l’une de leurs fins ?

 

Le vent. Le sable. Aucun projet, pas d’objet. Aucune domination.

Comment contrôler, conduire ce qui est extérieur à soi alors que « je » ne sait même pas qui est « soi » ? Comment vouloir considérer comme sien quoi que ce soit puisque même « soi » n’est pas sien ? Nous préférons fuir que de tenter d’y songer.

Nous projetons immédiatement au futur ce que nous disons au présent qui est la projection de ce qui n’est plus. Nous ne voulons plus être là.

 

Nous fuyons l’une de nos responsabilités les plus essentielles.

Nous inventons des structures qui nous divertissent, nous enlèvent à l’idée de cette longueur de retard qui ne peut être comblée. Nous alourdissons le handicap en complexifiant tout. Mais plus d’informations exigent plus de mémoire, creusent de plus l’abysse, augmentent la longueur de retard. Les experts voient le grain de sable − gênant leur dessein ? Pas le désert.

Nous souffrons d’un complexe de complexité. Les errances, parfois induites, ont rempli des codes devenus plus épais qu’une Bible, plus longs que tous les codex encore à trouver. Parce que souffre la mémoire, parce qu’elle n’est plus gérable. De les stocker dans des bases de données informatiques ne soulage en rien.

 

Le désert évoque un silence, une vacuité au-delà des urgences prétextes de nos existences. Les mots pour décrire alors ce qui n’est même pas un sentiment n’existent pas. Ils pourraient provenir du vocabulaire ecclésiastique. Ils pourraient être empruntés aux mystiques, à celui, à celle qui a renoncé à tout, soi y compris, à toute image, à toute idée d’un Dieu éventuel. Dieu n’est pas Dieu s’il n’est qu’éventuel.

Il est bon de n’avoir plus rien à défendre. Il est bon de n’être plus projeté, jeté en avant, puis simplement jeté. Si l’angoisse − ultime ruse − s’installe alors, elle ne dure pas.

 

J’écris dans le sable du blog ce que rapporte le vent tournant autour du globe. Point de repère, ni de repaire. C’est quand l’ont est partout étranger, que tout est étranger, que s’ouvrent les yeux. C’est la solitude dans l’immense. D’où l’angoisse.

Mais vivre l’abandon est ne plus être entravé.

Il y a quelque chose qui n’est pas quelque chose dont la découverte efface tout. Le vent se mêle au sable qui s’inonde de ciel. Chacun des éléments s’annihile, forme un tout plus complet, extrêmement simple, logique. L’image toujours sue devance la pensée qui, soulagée, ne tient immédiatement plus à transcrire, à traduire. L’imaginable est dépassé sans qu’aucun projet, qu’aucun objet ne soit en cause.

Ecrire, ainsi, n’est pas se dire, ni dire, mais tenter de voir. Le vent effacera ce qui a été vu laissant à d’autres le soin de tenter l’expérience non méthodique, sans cesse neuve et autre du vivant.

 

Alors le présent n’a plus d’imparfait, alors il importe peu que le vent supprime les symboles qui ne signifient plus rien de n’être plus chargés de rien.

 
Par David Charles - Publié dans : Chamellerie - Communauté : Interlignes
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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 17:49

Je n’irai pas à l’école cet après-midi. La fièvre, à laquelle j’ai rajouté quelques plaintes inutiles, m’impose de rester au lit. J’entends partir mes camarades avec un entrain que je ne comprends pas. Ma joie est de rester ici, dans l’exception.

J’essaye de combattre la somnolence qui tend à me prendre afin de pouvoir entendre le mouvement dont je suis exclu en temps normal. Le rangement de la cuisine, l’émission de radio qui suit le journal, la couleur du ciel qui précède la récréation ou encore et simplement, le bourdonnement d’un essorage au dessus.

Elle vient dans la chambre, me pose la main sur le front en faisant cette petite moue que j’aime bien. Je resterai.

Au loin passent des voitures dans l’après-midi sans fin dont je n’attends rien sinon qu’il ne s’enfuie pas trop vite. Ma faiblesse passagère est une arme qui me permet de gagner du temps sur la vie mais ça, je ne le sais pas encore.

Il n’y a plus d’école, il n’y en a jamais eu, il n’y en aura jamais. Demain ne m’est encore qu’un concept vague. Seuls les grands ont des projets. Moi, j’ai le plus précieux des cadeaux : le présent. Je vis ce qui est avec tout mon cœur et de toute mon âme. Ainsi, ni mes colères ni mes joies ne sont factices.

Ces bruissements perçus en m’endormant font partie d’une éternité reçue en cadeau de ma méconnaissance du temps.

Il m’arrive, ayant lu tout un après-midi dans le plus grand silence, d’encore en ressentir à trente ans d’écart l’exacte impression.    

Par David Charles - Publié dans : Chamellerie - Communauté : Figer le monde...
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     La part du vide  Charle Note 150

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