Deux heures cinq du matin. Sommeil en panne, un livre sur le tarmac, vos mots en soutien. Un état d'ivresse sans alcool, une fatigue évidente mais non consommée. Ça
tourne trop au niveau de la boîte à idées. Je ne suis pas de ceux qui s'éveillent, notant vite, vite et se rendorment bien vite, heureux, soulagés, innocents. Ça prend, ça travaille, ça empêche
le sommeil. C'est un délire sans fin.
La récompense est au bout de l'insomnie.
A l'écoute des nuits se détache la sensation d'infini recouvrant les sens.
Et je rêve d'une phrase à la fois très musicale et explicite à ce point qu'elle englobe toute la condition humaine en une sentence obscurément définitive.
Par David Charles
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Le temps n'est soudain plus car il n'est plus que lui.
Le temps et l'amour encore formant le souvenir
Caressant comme le fait un au-revoir à l'instant de partir.
Par David Charles
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Feux d'artifice au loin. Couleurs étonnantes. Frivoles au coeur de nos coeurs détonants tandis qu'étincellent nos yeux rendus à l'enfance.
Nous ne pourrions que voir.
Scintillement de l'océan, juste devant. C'est les vents empreints d'embruns sur nos corps. Le poids de nos corps décuplé par l'atmosphère à peine agité.
Les forêts sages présagent derrière la tempérance nécessaire aux après-midi d'été. Les ramures s'animent au vent léger, les faisant saluer.
Quant aux glaciers, ils s'effacent doucement, comme on se retire lorsque gêne une présence.
Le ciel immense murmure aux instincts cachés une rengaine éternelle et la lune continue sans hâte son jeu d'ombres décelant.
Dans les plaines de Champagne passent toujours ivres les insectes fous de tant d'espace, mais les champs tranquilles disent, riant, leurs essences
millénaires.
Nous ne pourrions qu'imaginer.
L'île perdue de nos âmes se confond volontiers en l'entour essentiel par l'instinct disposant.
Alors, lorsque tu me dis soudain : " C'est fini, on rentre ?", je retire ma main et, juste avant de m'enfuir :
- J'aimerais qu'on me laisse tranquille désormais.
Par David Charles
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étonnante entité traditionnellement menteuse parsemée de mémoire miroir et rendu du monde dénaturé comme une relique raturée afin de correspondre tendrement au
rendu désiré hic et nunc non qu'on soit blasphématoire puisque Dieu est idée démentielle collée au ciel pour les siècles des siècles sans retour possible oh que non on va trop loin trop vite
allez hop tout cela grise et plus on va loin plus on va vite et ainsi de suite et ainsi de fuites en fuites pendant que la mémoire clame et réclame des arrêts tout de suite histoire d'enregistrer
ne serait-ce que cinq minutes mais arrêtez de penser à ce désir d'arrêt rétifs que vous êtes entités terriblement menteuses n'osant rien qui n'est programmé d'avance d'ailleurs vous êtes vite
loin d'avance encerclé partout par ce que vous savez très bien et fabriqué par vos soins alors la mort sera délivrance et vous servirez encore un peu semence humus tandis que pourrira bienheureux
l'organe à soucis sous des soucis bleus blancs jaunes que frisera la saison frémissante alors que vous apprendrez l'infinie patience sous la terre bien au frais fredonnant quelquefois pour tenir
compagnie à vos manques d'airs mais rassurez-vous car une méconnue mémoire globale garde en soi quelques uns de vos atomes comme le fait la nature évolutive afin de ne pas répéter les mêmes
erreurs et ce sera pareil pour moi
Par David Charles
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café bar bière et une autre et une autre encore de toute façon tout le monde s'en fout de toute façon vous ne comptez pas
parmi la masse de tous ceux qui ne comptent pas alors haut les coeurs et plein le corps tandis que l'âme s'inonde d'étranges ondes tranquillisantes pénalisant corps et raison d'agréable façon
faisant s'envoler un peu la masse de ceux qui ne comptent pas et qui pèse des tonnes à la cuiller à café au carré rondement compté un peu comme les quasars bizarres entités traînant au fond de
l'espace projetant leurs rayons mortels comme vocifèrent parfois ceux qui ne comptent pas sur tout ce qui passe sous la main parce qu'il faut sortir la pression par n'importe quel moyen oui oui
encore une autre bien sûr et encore et encore jusqu'à l'éradication complète de toute pensée et de toute mémoire car il faut oublier que passe le temps sans soi alors qu'autour tout le monde s'en
fout et caresse des desseins autres et ailleurs alors pourquoi penser quand on sait la prison de la pensée mais tant que vous appliquerez le programme à la lettre changeant sans cesse afin
d'encore plus vous perdre et vous faire par là cogiter et vous charger l'esprit de sorte qu'il ne s'aventure jamais à penser car nous savons la chose délétère mais nous sommes rassurés très vite
en vous voyant oublier d'abusives manières
Par David Charles
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Ça sortirait comme cela, avec ces mots exactement, accompagnés de leur cordeau de ponctuation, de rimes intérieures,
d'assonances.
Ce serait automatique, tombé du ciel, sorti de l'herbe, des arbres autour, émané d'une scène quelconque se déroulant sous les
yeux.
Il suffirait de s'asseoir à sa table et tout coulerait, mots de source, nonobstant fatigue, vécu, bruit constant et
l'impératif des décisions à prendre sous le joug d'urgences tierces.
On s'assoirait, on écrirait, machinalement, comme on beurre une tartine. On remplirait des pages d'historiettes drôles ou
tristes suivant le plan préparé consciencieusement, dans le plus grand calme d'une cellule de moine durant six mois d'intenses cogitations. Oui, oui.
Tout irait très vite puisque tout serait donné. On aurait en six mois rédigé le squelette, placé les scènes principales,
répondu aux exigences techniques provoquant le coulé non remarqué d'une scène à l'autre. Un livre se doit d'être un film.
On ne ferait que ça. On ne dormirait qu'à peine et d'ailleurs dormant, on y penserait. On se réveillerait souvent, cherchant à
tâtons le dictaphone toujours posé trop loin. On enregistrerait l'idée ou la formule qui ne nous aurait plus rien dit le lendemain.
Deux cents pages et quelques savonneuses corrections plus tard, on ouvrirait une bouteille tandis que l'imprimante produirait
le tapuscrit qu'un éditeur attendrait déjà.
Or cela n'importerait plus, on serait à nouveau en cellule, cogitant le récit coincé dans la gorge comme une nausée de plus en
plus forte.
Par David Charles
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Je me souviens d'un regard inconnu où s'est perdue la vie. Le monde s'est offusqué de tant de beauté sacrifiée. On note : le monde assied
l'agonisante beauté sur ses genoux et... la pleure.
Cela rassure.
Mais le monde décide de ce qu'est la beauté. Il détermine les images, trie et montre du doigt l'insulte qu'une balle perdue vient de
proférer. Aucune balle n'est jamais perdue lorsqu'elle a été tirée.
C'est pourtant tous les jours, c'est à côté mais l'occasion, en l'occurrence, était trop belle. Il fallait ne la rater sous aucun
prétexte.
Or, chaque vie détruite est une beauté que l'on injurie, chaque espèce animale disparaissant est un miracle sur lequel on crache, chaque
injustice, chaque ostracisme fait montre de mépris envers la vie, donc envers la beauté.
Fauchée bien tôt par l'erreur d'erreurs, elle nous souffle doucement d'ailleurs le murmure d'une leçon d'objectivité
à saisir d'urgence, par-delà conventions, idéologies, modes et politique au rabais.
Un jour, nous n'aurons plus les moyens d'être hypocrites.
Par David Charles
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