Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 21:00

Tout rendre, ne rien garder sinon un peu de chaleur que la nuit oubliera. Prendre d’hier au présent des flexions d’autrui, qui les prirent d’hier en leur présent d’antan.

 

Fléchir à nouveau ne revient qu’à donner du passé l’image qu’un passé propre a déformée.

Les mots ne peuvent jamais rien peindre qui ait déjà été peint, ne peuvent être dépassés qu’au risque de briser le sens. 

D’hier à aujourd’hui se définit le sens du sens. Hier est ce qui est su, dans lequel on puise pour dire aujourd’hui .

Ce n’est pas le présent.

 

Le présent semble coincé entre hier, qui dit aujourd’hui, et demain qui dira aujourd’hui.   

Ce n’est toujours pas le présent.

 

Le présent est, au dehors de toute mémoire, de tout sens, la réalité inexprimable.

 

Mélanger tous les sens − les corrompre −, c’est désirer exprimer l’inexprimable de la réalité.

Certains l’ont tenté.

Le mot reste, néanmoins. Mémoire. Il murmure un sens en deçà de la proposition qui n’atteint ainsi son but qu’en partie.

On veut toujours comprendre. Ce devoir de vouloir comprendre nous apaise et nous damne en même temps.    

 

Peut-être avons-nous si peur de nous retrouver seul qu’il nous est un soulagement de se dire que même si cela advenait, nous aurions encore cette compagnie venant du passé. Notre peur du vide est immense.

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 10:22

J’écris dans le sable ce qu’évoque le vent du désert : aucun projet. Pas d’objet. Point de repère. Cela signifie qu’il n’est de lieu où demeurer, où être.

Aucun chez soi.

Chez soi n’est jamais chez soi. Tout ce qui est extérieur à soi n’est pas chez soi. Un bâtiment, un pays, une idée.

Soi-même.

 

Je crois qu’on nomme idiosyncrasie ce qui désigne le plus près de l’intime. Un mélange particulier, antérieur, qui fait ce que nous sommes.

Nous sommes devenus. Nous ne serons jamais que ce que nous serons devenus.

Un mélange particulier issu du passé fait ce que nous sommes. Il en résulte une longueur de retard. Au contraire du vent. Au contraire du sable. Or, il y eut ce mouvement des masses d’air, or le sable peut se décliner en atomes auxquels on découvrira un jour une mémoire ; sans doute.

 

Il n’y a pas plus de solitude ici qu’ailleurs dans la foule. Il n’y a, il n’est, que ce qui est et qui ne peut se dire.

Pas d’objet. Pas d’isolé comme dans ce pandémonium de plus en plus policé où nous tentons d’exister, emportés dans un processus chronique d’amélioration, de perfectionnement. Nos êtres sont des machines dont le corps fut exploité, dont l’esprit est gouverné par des experts à la science desquels on feint de croire plus qu’à la réalité. La parole de l’esprit n’est depuis longtemps plus source d’étude. Ce qui est étudié est la manière de le captiver afin de le capter. Le processus d’amélioration, de perfectionnement, est l’une de ces ruses.

Ces projections, cependant, aveuglent plus qu’elles n’informent. La plupart des projets enchaînent plus qu’ils ne servent. Serait-ce l’une de leurs fins ?

 

Le vent. Le sable. Aucun projet, pas d’objet. Aucune domination.

Comment contrôler, conduire ce qui est extérieur à soi alors que « je » ne sait même pas qui est « soi » ? Comment vouloir considérer comme sien quoi que ce soit puisque même « soi » n’est pas sien ? Nous préférons fuir que de tenter d’y songer.

Nous projetons immédiatement au futur ce que nous disons au présent qui est la projection de ce qui n’est plus. Nous ne voulons plus être là.

 

Nous fuyons l’une de nos responsabilités les plus essentielles.

Nous inventons des structures qui nous divertissent, nous enlèvent à l’idée de cette longueur de retard qui ne peut être comblée. Nous alourdissons le handicap en complexifiant tout. Mais plus d’informations exigent plus de mémoire, creusent de plus l’abysse, augmentent la longueur de retard. Les experts voient le grain de sable − gênant leur dessein ? Pas le désert.

Nous souffrons d’un complexe de complexité. Les errances, parfois induites, ont rempli des codes devenus plus épais qu’une Bible, plus longs que tous les codex encore à trouver. Parce que souffre la mémoire, parce qu’elle n’est plus gérable. De les stocker dans des bases de données informatiques ne soulage en rien.

 

Le désert évoque un silence, une vacuité au-delà des urgences prétextes de nos existences. Les mots pour décrire alors ce qui n’est même pas un sentiment n’existent pas. Ils pourraient provenir du vocabulaire ecclésiastique. Ils pourraient être empruntés aux mystiques, à celui, à celle qui a renoncé à tout, soi y compris, à toute image, à toute idée d’un Dieu éventuel. Dieu n’est pas Dieu s’il n’est qu’éventuel.

Il est bon de n’avoir plus rien à défendre. Il est bon de n’être plus projeté, jeté en avant, puis simplement jeté. Si l’angoisse − ultime ruse − s’installe alors, elle ne dure pas.

 

J’écris dans le sable du blog ce que rapporte le vent tournant autour du globe. Point de repère, ni de repaire. C’est quand l’ont est partout étranger, que tout est étranger, que s’ouvrent les yeux. C’est la solitude dans l’immense. D’où l’angoisse.

Mais vivre l’abandon est ne plus être entravé.

Il y a quelque chose qui n’est pas quelque chose dont la découverte efface tout. Le vent se mêle au sable qui s’inonde de ciel. Chacun des éléments s’annihile, forme un tout plus complet, extrêmement simple, logique. L’image toujours sue devance la pensée qui, soulagée, ne tient immédiatement plus à transcrire, à traduire. L’imaginable est dépassé sans qu’aucun projet, qu’aucun objet ne soit en cause.

Ecrire, ainsi, n’est pas se dire, ni dire, mais tenter de voir. Le vent effacera ce qui a été vu laissant à d’autres le soin de tenter l’expérience non méthodique, sans cesse neuve et autre du vivant.

 

Alors le présent n’a plus d’imparfait, alors il importe peu que le vent supprime les symboles qui ne signifient plus rien de n’être plus chargés de rien.

 
Par David Charles - Publié dans : Chamellerie - Communauté : Interlignes
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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 17:49

Je n’irai pas à l’école cet après-midi. La fièvre, à laquelle j’ai rajouté quelques plaintes inutiles, m’impose de rester au lit. J’entends partir mes camarades avec un entrain que je ne comprends pas. Ma joie est de rester ici, dans l’exception.

J’essaye de combattre la somnolence qui tend à me prendre afin de pouvoir entendre le mouvement dont je suis exclu en temps normal. Le rangement de la cuisine, l’émission de radio qui suit le journal, la couleur du ciel qui précède la récréation ou encore et simplement, le bourdonnement d’un essorage au dessus.

Elle vient dans la chambre, me pose la main sur le front en faisant cette petite moue que j’aime bien. Je resterai.

Au loin passent des voitures dans l’après-midi sans fin dont je n’attends rien sinon qu’il ne s’enfuie pas trop vite. Ma faiblesse passagère est une arme qui me permet de gagner du temps sur la vie mais ça, je ne le sais pas encore.

Il n’y a plus d’école, il n’y en a jamais eu, il n’y en aura jamais. Demain ne m’est encore qu’un concept vague. Seuls les grands ont des projets. Moi, j’ai le plus précieux des cadeaux : le présent. Je vis ce qui est avec tout mon cœur et de toute mon âme. Ainsi, ni mes colères ni mes joies ne sont factices.

Ces bruissements perçus en m’endormant font partie d’une éternité reçue en cadeau de ma méconnaissance du temps.

Il m’arrive, ayant lu tout un après-midi dans le plus grand silence, d’encore en ressentir à trente ans d’écart l’exacte impression.    

Par David Charles - Publié dans : Chamellerie - Communauté : Figer le monde...
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Dimanche 8 mai 2011 7 08 /05 /Mai /2011 17:43

c’est beurré fin mais pas borné qu’on poursuit la balade maladive des pourquoi vers pour quoi mais pour quoi ces pourquoi on sait pas tu sais toi tu sais pas reste là bien tranquille et tais-toi pour toujours laisse le rythme te trouver t’entourer t’évader te troubler trimballer de trouver vient trouvère troubadour ah musique les copains compagnons insatiables d’harmonies cum panis le bon pain le bon vin sentiment apaisé l’estomac bien rempli c’est pareil c’est l’accord sympathique la tartine des goûters des matins non fériés la musique c’est bouffer s’empiffrer s’enfiler avaler digérer c’est pour ça qu’on salive en dehors du propos en partie pas toujours la recherche est sans faim la quiétude invivable bonne vieille mère d’illusion du perdu d’origine et voilà composer c’est trouver et trouver c’est revivre un moment détaché gondolé sous le vent fantastique du très haut du très bas d’heure primaire programment en sourdine l’existence opprimée prisonnière partiellement mais aussi ah mais oui tout à fait libérée par la mort d’une cellule aussi grande que l’espace où navigue le perdu qu’on retrouve en cherchant c’est-à-dire parcourant les chemins non tracés ponctués d’une absence aussi grande que l’espace qui répond par à coup aux toc toc des marcheurs inquiétés et quêtant la réponse du présent qui’est passé pour toujours emportant avec lui l’harmonie importante d’une tartine bien beurrée sous des cieux oubliés

Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Interlignes
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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 16:52

Celui qui est avant cède une mémoire dont celui qui suit n’a pas conscience. Celui qui précède cède sa vie pour que soit une vie. Ainsi font les étoiles arrivées au terme de leur éclat par évaporation de leur matière. Ainsi font les plantes et les arbres par abandon dans l’humus.

Nous sommes offerts à la vie qui se nourrira de notre mort. Même notre délire individualiste n’enlèvera rien au fait que nous soyons des oblats.

En est-il de même de la mémoire ? Est-il un souvenir qui demeure au-delà permettant à l’évolution de s’effectuer, c’est-à-dire, que ne se reproduisent pas inlassablement les mêmes erreurs ?

Il semble logique que oui.

Où se cache-t-elle ?

Nous ne savons que peu de la cause et l’explosion gigantesque d’antan ne serait pas le commencement, le vrai commencement.

Qu’y avait-il avant ?

Avant, c’est aujourd’hui, nous souvient un sage Chinois.

Qui a vu maintenant, vraiment vu, a vu hier et les demains à venir, affirme un Romain d’envergure.

Il y a un centre dont la circonférence est nulle part, suggère un prénom qui n’a pas fini de résonner dans les espaces infinis.

Le temps ne fuit pas, il passe. Nous n’en percevons que la promesse, c’est-à-dire, plus tard. Nous ne sommes plus au temps, nous errons, nous fuyons.

Le mot échappatoire est le premier synonyme de fuite. Le mot subterfuge est le premier synonyme d’échappatoire.

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 23:55

La pétulance des Dahlias attise l’appétit des assis observant, les genoux croisés, le clair déluge qui sourd des petits jardins. L’essaim de feuilles dort, quiet, tandis que bougonnent les roseraies blasées d’être à chaque fois attendues. Embrassons l’aube d’été parmi les desseins fragiles de la vie. Elytres et bourdons, odalisques, s’exclament sans fin dans les corolles offertes aux ébats. Ils vont, viennent et reviennent, hésitant devant tant d’insultante beauté.

La lumière inouïe associe aux effluves le projet sensuel cher aux vauriens. Qu’une charmille s’émerveille et l’ivresse est entière, qu’une palme s’emballe et salue, c’est la clef d’un retour possible. Mélange exaltant, paradis des vaincus où s’étreignent en riant les orphelins fiancés. Espérons qu’un Eden au-delà de l’espoir nous choie sous son aile et nous aime en tremblant.

Ils attendent, d’un gradin d’or, de savoir les secrets de la chrysalide qui s’endort pour l’après imprécis. Quoi ? Pas de date ? Nos patiences n’en sont pas. Qu’on nous joue des complaintes et des tragédies, ou qu’éclate au jour ce mystère qui nous tente ! Les jonquilles nous ennuient mais où sont les parfums qui ravissent ? Ce jardin est si près qu’on n’en voit pas les promesses.   

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Interlignes
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 20:00

Immense œil clos, rouillant d’un pleur discret. Les ans grattent, délicats, patients bourreaux, la porte derrière laquelle l’âme recrue n’a plus qu’un passé pour nourrir son présent. L’avenir est connu, souvenir sombre.

Qu’on l’oublie enfin afin que ses murs souviennent encore !

Rien ne se perd, tout se transforme mais ce ne sont qu’infinitésimales parties. Non lui.

Ah, le temps des clins d’œil au travers desquels passaient les couleurs. Le gris, même, était beau, il en savait toutes les nuances. Et ce vert de guerre… que de vie en lui. Habité, ses poumons enflaient au rythme des travaux et l’œuvre des soudeurs scintillait de bleus dans les jours extraordinaires. Il restera, oui. Il restera.

Que de vents contra son toit plat d’où s’élèvent aujourd’hui, triomphantes, herbes et plantes  intruses. Il n’est bien plus que les parasites pour s’intéresser à lui, stoïque présence qu’une bise permanente démunit de substance, tout doucement.

L’avenir est sa ruine, son présent sursis. Même les bombes d’avant étaient mieux que l’indifférence d’aujourd’hui. C’est à peine si le vent s’y arrête, y courant les caries avec un sifflement moqueur car il est entendu que ses blessures ne sont plus pansées depuis longtemps. Lui que son abri permit tant de sauvetages in extremis.

Mais il est dit qu’aux jours de vieillesse, rien n’a plus cours ni droit d’exister.

Qui viendrait d’ailleurs questionner cet œil au risque de se brûler l’ouïe d’un grinçant passé ?

Sa disparition lui fût égale, s’il n’avait pas la conviction que ses efforts ne servirent qu’à nourrir d’insolents fantasmes d’hypocrites.

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 18:04

avion voiture train tram motos cars bus camions moteurs partout vibrant crépitant crachant crissant pour faire glisser plus vite toujours et encore et avec toujours plus de tintamarre claquement des portes cris des gens des gosses subites gueulées des gros molosses gras raclements des routes des trottoirs marteaux piqueurs piquant au coeur directement croassements des vendeurs hurlements des prédicateurs ruée encore des moteurs sur un lit de musique astreignante dans les cafés les boutiques les magasins matraquage publicitaire à grands renforts de coups de clairons morceaux mêmes passant repassant ressassés sans fin cacophonie des images triées sur le volet deux ou trois messages diffusés partout sur les écrans qui assourdissent et aveuglent imbibant proclamant la mauvaise bonne nouvelle vendue comme étant la vraie bonne le prosélytisme c’est pas que là-bas c’est ici tout le temps et sans pause de combat paroles paroles promesses de meilleur débats partout tu penses quoi tu rêves quoi tu ressens quoi ok ok d’accord pas d’accord parlons-en la parole est d’or  immense thérapie universelle tu veux encore des calmants pour oublier l’avion la voiture le train le tram la moto le car le bus le camion les pubs les réclames les annonceurs qui n’arrêtent pas de passer dans ta tête et si on créait enfin une journée du silence du vrai du bon de l’intense   

Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Interlignes
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 04:00

Sous l’aube grise et blanche passent en silence les premiers pendulaires. Le chêne centenaire qui ne cherche à plaire, questionné en dirait long. Ils pensent sublimes d’autres abîmes de feu et de sang.

Vénus au ciel veille, vieille déesse, oubliée peu à peu. Ils sont présences vides que l’on décide celle-ci, celle-là. Les vergers songeant savent, attendant, une vertu infinie.

Leur débauche d’énergie, stratégie défensive, n’apaise qu’un instant. Un chat chasse caressé en passant d’un regard à peu près.

L’air triste et glacé grelotte en eux d’ingérables souvenirs. Qu’a-t-on fait, que fait-on ? Ces questions ne comptent pas. La route est bien droite, les marges étroites, le mouvement donné. Fumées et buées se mélangent aux brumes, punitives insistances. Sous l’aube, encore épris d’une nuit d’amour franc, ils regrettent doucement.

Ici ou là coule toujours un peu d’encre, quelques notes de couleurs. Que l’âme éternelle malgré sa nuit seule observe son voeu scintillant !

D’erratiques vœux sourdent et s’en vont à l’image du temps. Un mal mal appris ronge en leur vie une part imprécise.

Après, c’est le jour, au présent sans détour, le jour même, uniforme.

Sous ce jour blanc et gris, ils s’enfuient écrivant − quoi ?− dans le vent. 

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 10:30

L’éprise de glace ignore l’eau sous elle. Il lui prend des désirs sédentaires et se vêt de ses plus belles parures pour appâter les regards. Vue, commentée, elle sera ce que jamais ne deviendra sa consoeur filant de torrent en rivière, de rivière en fleuve, de fleuve en mer, de mer en nuage.

Autre, il lui semble une identité détonante lui permettant le repos. Elle dit alors : venez, venez, faites à mon image, mais en vain. Les autres, enivrées de courants, poursuivent leur glissade, emportant parfois une goutte de sa chair glacée.

L’éprise de glace persuade cependant quelques intéressées à venir agrandir sa structure déjà épaisse. Les ouvrières ont de plus en plus de peine à se frayer un passage. La plupart, prises à ses filets, se glacent immédiatement sans ne pouvoir continuer.

Le printemps venant, elle se dissout rapidement et toutes plongent à nouveau, filant bien plus vite encore, par plaisir, joie d’être à nouveau au mouvement essentiel or plus tard se dessine déjà.

On parle d’un étang tranquille, plus au sud. On prendrait des vacances car, au fond, pourquoi pleuvoir puisque cela dérange tout le monde.  

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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     La part du vide  Charle Note 150

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