Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 10:25

Clin d’œil, rémanence, tout ce mouvement autour, pourtant. Mais le voyage, soudain. Un voyage ! Sublime hantise, présence, présence ! Improbable bagage, valise, lourde de silence. Se retrouver aux lieux de partance. Or, les billets ne sont pas de ce monde. C’est un peu de musique, bien sûr, de celles que l’on n’aimerait voir cesser de jouer, que l’on retrouve, toujours, par les phases aiguës de vie.

Abîmes, spirales infernales, descentes aux enfers derrière les portes fermées. Cette vie, laissée là-bas, ces mots qu’il fallût dire, ce sourire non osé.

Si près d’éternité, de vérité. Évanescence des moments intenses, lorsque, tout à coup, tout l’être, tout l’être en dépend. Tout l’être en départ, terrible sensation de n’être plus tout à fait soi-même. Mourir alors ? Les choix sont restreints. Dans l’installation des images, la multiplication des desiderata. On voudrait, on voudrait bien mais, justement, plus rien. On avait tout, il y eut ce frôlement presque, on n’a plus rien. Tranquille, la plainte sourd au bord du cœur ultrasensible.

Tout a changé, forcément, couleurs, lumières, meubles, logement. On ne reconnaît plus rien. Les échos des choses ne se font plus, basculement des réalités, inanité de la pensée, même. C’est un voyage terrible, sans but, un retour sans cesse à l’instant jeune où se défit un monde.

Béatitude, mais oui, complétude aussi, on se découvre n’avoir pas été entier, vraiment. En même temps, on sait ne jamais pouvoir l’être puisqu’il faut, n’est-ce pas ? que cela n’advienne pas.

Alors voici :

Madame, vos yeux !   

 

Par David Charles - Publié dans : Textes
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 10:12
Réussir, hein ? Acquérir les diplômes permettant ensuite, de son bureau perché de pécher les contrats ordonnés par la hiérarchie, le plus vite, le plus loin possible. Les filets sont d’or et d’argent et scintillent dans les villes qui, bientôt, ne dormiront plus. La marché est partout et les poignées de mains contractent plus qu’elles ne saluent. La gratuité est incitante, la charité, calculée.
L’être est objet. L’importance des objets se définit par la qualité de finition, de réalisation donc, de spécialisation prouvable sur papier dûment muni des signatures autorisées par d’anciens objets hautement spécialisés. L’être n’est plus l’objet, non, il est objet. Il ne devient l’objet que lorsqu’il devient patient. Jamais une fin, toujours un moyen.
L’être n’est pas être. Peu importe d’ailleurs puisqu’il n’est pas.
L’objet enfant - puisque déjà patient - est mis sous surveillance pédagogique afin qu’il développe le plus rapidement possible les facultés répondant à la norme établie. Le temps presse, il faut qu’il réussisse. La pression est grande, l’attente suffocante, la spécialisation devant commencer au berceau, l’odeur des diplômes enivrer déjà ses narines à la première lettre déchiffrée. Il faut, absolument, qu’il ait le salaire lui permettant de ne pas vouloir changer les choses, d’acheter les divertissements aveuglant, lui donnant l’impression d’être libre.
Réussir, n’est-ce pas, parvenir à ce qui nous a été promis, avaler des formules jusqu’à plus soif, croire aux théories plus qu’en l’homme. La statistique est reine au nouveau royaume .
Mais, au fond, qu’est-ce donc que l’homme ?      

Par David Charles - Publié dans : Textes
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 16:34
La gorge brûlée par la cigarette, les yeux cernés de nuit, les reins cassés, le cœur ne sachant plus bien pourquoi. Les ongles rongés, les doigts jaune brun, la peau calleuse sur le côté intérieur de l’indexe. L’habit même, le long des semaines, les souliers recouverts d’une fine pellicule de poussière, témoins déambulatoires. L’aura tabac froid avec un reste de déodorant. Une ombre glisse sur le parc, par les rues, de préférence parmi les champs, là-bas, à l’entour de la ville. Il fait soleil, chaud. Alors sort l’ombre de son appartement dans lequel se consumèrent, tout à l’heure, cigarettes et bougies, se consommèrent quantité de bières. Dehors, la lumière fait plisser les paupières de l’ombre, le parfum de l’herbe, des fleurs et des arbres ne parvient que très dilué à son odorant mutilé. Il les sait, ces parfums, peut en provoquer à l’envi l’illusion olfactive. Il ne tient pas à se l’imaginer. Il préfère l’effectuer l’hiver, lorsque l’ombre règne partout autour de l’ombre et qu’il n’est rien d’autre à respirer que l’odeur du froid, de la pluie. Il n’aime pas l’hiver, c’est pourquoi il y substitue le printemps, l’été. Le printemps, l’été il sort, toujours les mêmes chemins, parce qu’il les connaît et qu’ainsi, il n’a pas à y penser. Il n’aime pas penser, cela ne sert à rien. Tout a déjà été dit. Le soleil n’éclaire plus qu’un monde dans lequel les seules avancées sont technologiques. Mais cela non plus, il n’aime pas. À quoi bon s’amuser, autant perdre son temps en ne faisant rien. Il ne fait rien. Tous les jours de sa vie, il répète les mêmes gestes, inlassablement, à peine chicanés par les saisons. Il s’est mis en position d’attente, accompagné seulement de ses cigarettes, de l’alcool qui le tueront peut-être. Il a choisi de baser sa vie sur la certitude. Il a noté, comme une course à faire, sur un petit papier qu’il a collé sur le frigidaire : attendre la mort. Il ne le lit plus depuis longtemps, il le sait.     
Par David Charles - Publié dans : Textes
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 13:07

Y’a des jours, que je me dis, vaudrait mieux tout laisser tomber, la plume − j’arrive pas à écrire au clavier, y’a rien qui vient −, les chants grégoriens, la recherche constante de lieux tranquilles − de moins en moins facile à trouver ceux-là −, les chants grégoriens − ça c’est justement quand je n’arrive pas à trouver de coins tranquilles − et pis les cahiers − j’aime bien les cahiers noirs, en Moleskine, mais attention, hein ? pas de goût de luxe, que nenni ! Juste que c’est très pratique.

Mais bon, peu importe, y’a des jours, que je me dis, vaudrait mieux envoyer valser les mots, les phrases, les idées, l’envie constante d’exprimer les paysages, les nuances, l’infernale, la fatale banalité des vies. Tout un programme ! Oui, faudrait tout jeter, passer au travers de tout ça, l’œil un peu glauque, l’esprit ailleurs − surtout pas ici, surtout pas mai’nant −, le corps en pourriture joyeuse. Une sorte de répétition générale, quoi ! Mais c’est ki voudront encore des choses, hein ? hein ? Y voudront mon corps, mon esprit, mon attention, ma concentration, les esclavagistes ! Y voudront demander, limer, sucer ce qui me reste encore de lumière. Y voudront m’attirer encore dans leurs tourbillonnantes emprises, me faire croire qu’au bout, tout là-bas au bout du travail, y’a un projet, un horizon, un livre. Oh, un livre ! C’est beau les livres, j’aime beaucoup les livres. Je les aime tellement que je ne sais plus où les mettre. Et pis j’aime les mots aussi, y’en a partout des mots, chez moi, dans ma tête surtout, y s’amusent, peinards, farandoles joyeuses, s’absentent − surtout quand on cherche LE mot idoine −, reviennent, frais, bronzés avec une copine des fois, harmonie sympathique, rime peut-être, assonance souvent. Voui !

Alors voici les mots, y démangent, y gratouillent, y donnent envie de gratouiller plus loin, sur le cahier en Moleskine, justement, y dessinent, esquissent l’histoire qui, comme d’habitude, n’en sera pas une. Ils peignent, une fois de plus, le tableau archiconnu dans lequel ils prendront place, se bousculant, se marchant sur les pattes, se chicanant les uns les autres, pire que des gosses. Faudra les mater un peu, en sacrifier quelques uns, voire, une population entière, afin d’arriver au glissement. Intense travail de lissage !     

Bon, d’accord, c’est reparti, mais juste pour cette fois, hein ? C’est d’ailleurs, ce que je me dis à chaque fois et comme je ne sais pas dire non − vieille faiblesse −, je travaille sur quatre ou cinq projets à la fois.

J’vous dis, y’a des jours où faudrait tout laisser tomber. Et plus qu’écrire.

Par David Charles - Publié dans : Textes
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 20:07
Écrire, n’est-ce pas, pour garder le mouvement. Cette peur quelque peu étrange, d’un jour, ne plus savoir. C’est bon signe, c’est respirer. L’inspiration est farceuse, coquine et cachée. Cachée, mais oui ! Écrire pour garder le mouvement, c’est fouiller et ne pas s’en faire. C’est comme pianoter pour le plaisir, ça entraîne, dans les deux acceptions ! Et puis, ça rassure, ça donne l’impression d’aller quelque part. il y a ce côté soliloque, non histrionique, évidemment. Cela procède assurément d’un dialogue intime dont je ne pusse vous révéler les arcanes. Même, bien entendu, si la confidence, déjà, vous rapproche un peu plus de la main qui rédige. Expression, donc, mais impersonnelle avec une tendance universelle voulue. Pourquoi ? Demandez-le à quelqu’un d’autre tout en évitant avec soin les analyses conduisant aux interprétations erronées. Bon, garder le mouvement, gauche, droite et faire s’écouler la musique, l’entendre à mesure qu’elle se joue, fulgurante apparition. Tout se lie, s’harmonise, s’allume, les arbres autour, avec les champs, le ciel, les oiseaux dedans s’étendent, se distendent, se diluent, s’installent - travailleurs de l’ombre - au bout de la plume.
Voici le matin clair ! On est au mouvement, on n’est plus d’être dissout, entièrement, globalement, totalement ! Sublimes demi-heure, exquis instants et même si l’on trace, on corrige, l’important, mais vous le savez, hein, hein ? l’essentiel est ailleurs. Brin d’aurore on est éveillé. Non réveillé; éveillé. Lever au crépuscule improbable du matin clair, puisque c’est toujours de nuit que se fait l’écrit. Présomptif d’un règne assuré, assignation des droits régaliens, ces trônes sans royaume, un peu partout, entourés de brumes,  d’ombre et sur lesquels sont assis, indéfiniment assis, ceux qui écrivent. Il n’est plus temps de garder le mouvement, on y est, on en est. Je songe au fleuve tranquille duquel on serait goutte d’eau consciente, tout à coup, de la substance dont elle est à la fois partie infime et matériau indispensable. Hypostase, en quelque sorte, l’invisible fait mot, l’indicible esquissé, musique mes amis ! Je propose la caresse de l’Aria de la suite numéro trois de Jean-Sébastien Bach. Basse, fameuse ! et continue, mouvement atmosphérique et solitude, solitude ! Chuchotements, je vous dirai  de ces touchés, de ces glissements, de ces rencontres. Je vous soufflerai, amis, tel d’outre-tombe, la brise et peut-être souffrirez-vous de percevoir avec moi, tel d’outre-tombe, l’incompréhensible frisson.
Après, juste après et de nouveau, la lumière forte et mensongère, la reprise du mouvement, du jeu, du programme. Entre deux, n’est-ce pas, écrire pour garder le mouvement autre. Cette peur tenace, d’un jour, ne plus y croire !    


Par David Charles - Publié dans : Textes
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 14:03
Et bien, ce sera sans doute cela, des pages que l'on écrit de loin en loin, sous l'idée, par le paysage, jour soir ou nuit mais ce qui compte, n'est-ce pas - et on ne le dira jamais assez -, c'est la musique. voici :

Je suis d’une idée, d’un paysage un peu atmosphérique, l’image un peu ambiguë. Je naquis par le crépuscule d’un jour de février, tout hésitant encore. J’étais, certes fragile et sans vigueur mais déjà plein de ferveur. Je voulais vivre !  

J’ai de la pluie la mélodie qui souvient les jours d’enfermement, du soleil, l’oubli tranquille des existences estivales. J’ai surtout la faculté de produire l’image, d’aller aux sources puiser l’éternité y résidant. Métronome, je dicte ma loi à celui qui m’explore.

Je suis un souffle, un silence, un murmure, un rien dont vous faites un tout.

Vous me bercez, doucement et je vous endors, juste un peu, pas longtemps, non, le temps d’une rencontre. J'essaierai, bien malgré moi, d’entrer en vous, de m’installer en vos lieux-forts, ceux dans lesquels vous rangez vos ambitions d’un jour, vos Amours secrètes et tous ces messages que vous n’adressez à personne. Je tenterai l’impossible voyage et tant pas si j’échoue, la promesse est trop belle.

J’emprunterai la voix de vos discours intérieurs, la travaillerai quelque peu, je vous ferai vous raconter des histoires, vous imposerai la musique que je tiens à vous faire jouer. Rassurez-vous, mes intentions ne sont pas mauvaises, j’aime l’harmonie.  

Mais je ne suis rien, qu’un souffle, qu’un murmure, je passerai en vos lèvres, quelques instants délicieux, puis je ne serai plus qu’un souvenir à qui la seule rythmique de votre lecture permettra, quelques secondes encore, de vaquer en vos lieux.   

Par David Charles - Publié dans : Textes
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 10:13
Un blog, au fait, journal de bord ?  Propagande ?  Ondes d'ego envoyées un peu partout,  moyen d'échange,  prospection  de la mine Internet.  Recherche ?  Nous irons par petits textes, nous nous promènerons un peu, nous irons, comme on dit, mais pas toujours :

Sortir, marcher. On est dehors, quelque part assis. Quelque part assis. Devant soi, à quelques mètres, le flot long des forces vives de la nation, l’ininterrompu flot long des fraîches forces et qui vont, vont encore, vont toujours leur aller. On est assis. Ils vont, il faut qu’ils aillent, il le faut, vers le travail. Le regard un peu plissé par les fumées de la ville, celles de l’avant-dernière cigarette mais le regard droit devant, déjà plus loin. Ils portent des serviettes très fermées, comme leur veste. Ils écoutent des musiques dans leur baladeur. Ils essayent de ne pas être encore plus loin. Ils rêvent peut-être. On est assis. Ils rêvent sans doute, ils songent à des samedis, à d’autres ciels, d’autres vies, pourquoi pas. Ils rêvent bien sûr. Ils s’éprennent d’un subtil accord, s’attardent en des textes parlant d’un amour qu’ils ne connaîtront jamais, qu’ils espèrent malgré tout, auxquels ils pensent parfois le soir quand, abrutis de fatigue, d’alcool, de somnifères, ils s’apprêtent à basculer, à goûter un peu au néant. On sait tout ça, on reste assis. On est assis tandis qu’ils passent, frôlements des bras sur les vestes, claquement des talons sur le trottoir. Ils sont beaux, elles sont belles, ils sont apprêtés, prêts, prêtés. Donnés parfois. Dans leur sillage se mélangent les notes parfumées. Un peu d’eux encore, puis ils sont oubliés, ils sont passés. Mais d’autres surgissent, viennent, interviennent. On est assis. Ils parlent avec de grands gestes, ils existent un peu, ils le pensent, sérieusement. Ils vont là-bas où tous vont, ils rient, marchent un peu plus vite, l’heure avance, ils passent avec et par le temps. Ils sont au temps autant qu’on est assis. Certains courent, allez savoir vers quelles urgences. Certains courent, d’autres consultent leur montre. Ils passent dans le temps, ils sont le temps à celui qui est assis. Beaucoup téléphonent en regardant leur montre, en courant. Ils sont en retard, ils s’excusent, ils n’ont pas le temps. Beaucoup téléphonent. On est assis.

Lorsque point le soleil, les rues sont vides. On reste assis.

Elles arrivent alors, doucement, les vestes beiges avec leur cabas, claudiquant un peu, tout doucement. Elles ont les yeux plissés derrière leurs lunettes, à cause du soleil, parce qu’elles ne sont plus à leur vie. Elles sont seules, souvent. Elles ont d’ailleurs toujours été seules, toute leur vie. On sait cela. On est assis. Elles portent de grandes sacoches en cuir, brunes. Elles passent, tranquillement, à la vitesse de leurs douleurs, de leur arthrite, de leurs varices. Elles ont les souliers rembourrés où se nichent les orteils détruits par les escarpins d’avant. Or, elles avancent, mâchouillant leur dentier avec des regards un peu courroucés pour les jeunes qui traînent encore les rues. On est assis. Le soleil chauffe gentiment les poussières de la ville, vient nuancer leurs cheveux bleuis. Mais il faut qu’elles passent, qu’elles aillent cueillir leur deux ou trois carottes et, pour le soir, la petite tablette de chocolat. Elles plissent les yeux, cherchent quelque visage familier. Elles aiment échanger des paroles, peu importe avec qui, elles aiment les paroles, ça les garde un peu en vie. On sait bien, cela. On est assis. Mais, vite, vite car déjà voici les mamans avec leurs petits, les futures fraîches forces vives de la nation.

On est assis. On restera assis, on sait bien cela.            



Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Interlignes
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 19:55






 





 

Par David Charles
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     La part du vide  Charle Note 150

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