Samedi 20 juin 2009
Partir à peu près est l'impérative procédure aux escapades parfaisant.
Plus rien ne manque alors. Parvenir, cheminant par les mots rendus possibles, à l'île presque du parchemin détaché.
Après, l'imprécis précieux et sans appel prend toute l'âme aux convictions mortelles pourtant.
Le corps ainsi pareil aux études matinales flotte un peu porté sans doute par un songe ne s'éteignant pas tout à fait.
Le poids d'une présence découle d'une pensée subjective, toujours, mais la question n'est plus posée puisqu'est complice l'instant.
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : L'acte d'écrire
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Samedi 20 juin 2009
Trois ou quatre mots pour ne rien dire et non parce que je n'ai rien à dire. Mh, c'est plus difficile que prévu. Je cherche, ne trouve pas, attends. Cela ne veut rien dire et d'ailleurs, cela ne me dit rien qui vaille. C'est justement la raison pour laquelle j'attends.
Ce vouloir ne rien dire veut me dire quelque chose de non dicible. C'est dire s'il faut du silence ! Ca me dit de continuer, de creuser un peu. Bien, vouloir dire ne rien dire dirait donc un dire caché, ouvrant du même coup d'autres perspectives au dire commun et donnant un sens au rien dire et pourquoi pas, à toutes ses occurrences extrapolées. Ne rien écrire, ne rien vivre, ne rien penser, ne rien faire.
Tout ceci me paraît bien abscon. J'attends encore, questionnant le ciel, les gens autour, l'air partout, sans rien dire. Rien à dire, me dis-je, ça ne me dit rien. J'aimerais m'en dédire et dire quelque chose qui accrocherait mais non, rien à dire. Il est une falaise entre quelque chose et rien. Un monde ! Un univers de non-dits qui ne m'arrange pas.
Dire que j'y avais cru. Dire que j'avais songé avoir tant à dire sur le sujet. Il n'y a pas à dire, la tâche est ardue et commence à me détraquer. C'était une bonne idée, je ne dis pas mais dire n'avoir rien à dire, qui est de surcroît quelque chose de très répandu, me dit et ne me dit rien. Il me semble plus juste de dire tout ou rien plutôt que tout et rien. Tout serait dit. Je n'en sais rien. Je pense changer d'optique, même si cela ne servirait à rien, même s'il suffisait d'un rien, d'un tout petit rien. Quelques mots, on dira, mais voici que m'échappe le dire. Les silences, de toute façon, disent plus encore sans ne dire tout malgré tout.
Je vous dirais de ces dires non dits et vous, vous m'en direz tant.       
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Ecrire
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Dimanche 7 juin 2009
D'abord, nous prendrons un verre, trinquant aux bulles nous mettant à l'envers, à l'envie doucement. Vous aurez eu d'indécentes considérations vous vêtant, pensant comme il se doit au parcours à venir de mes mains. Il est certain que nous nous serons menus, sans plus. Nous aurons ensuite les mots prétextes censés approcher et accrocher mais nous n'en serons pas dupes. Nos corps auront déjà tout dit. Cette manie de toujours parler... J'aurai, par vos habits, certes dévoilant mais à peine ! l'impression d'une juvénile réticence que vous n'aurez bien sûr pas. Cette habitude détestable qu'ont les jeunes femmes de tant montrer et d'oser si peu. Scrutant les mouvements de vos lèvres, je leur devinerai d'autres applications succulentes, non pressées mais précises.
Mais nous nous servirons un verre encore car il faut qu'un peu soit l'ivresse pour oublier le reste de nos croyances non essentielles. Nous ne danserons pas ou sinon très lentement en caressant les promesses, entraînant nos doigts. Non réservée, vous alarmerez mes senseurs et mes papilles affolées chercheront les vôtres lissant avec soin vos pourtours délicieux. L'extension ferme de nos prétentions montreront avec vigueur nos volontés de fer qu'il s'agira d'attendrir alors.
Nous reprendrons un verre, un seul car nous ne devrons qu'être gentiment grisés, sachant sans ne plus tout savoir. Puis l'ouverture de vos dentelles finira d'abuser ma patience.
Comme convenu, je paierai à ce moment vos intentions délicates.  
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Interlignes
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Jeudi 21 mai 2009
Me savoir mortel est la plus grande des délivrances.

Car voici que j'embrasse en une rivière limpide tous les deuils de mon existence. Ce n'est pas une ascèse, et tu le sais bien. A quoi bon se priver de ce qui est offert ? Je ne suis plus tout à fait là. Ce n'est ni une question de quiétisme ni même, de fatigue. Au contraire. Jour après jour, je m'élève d'autant mieux que je largue le lest de mon être. Quelques maigres occupations alimentaires daignent combler les instants vides. J'ai perdu et la notion d'atteindre et celle d'attendre.
Je ne t'attends plus, je n'ai pas à t'attendre, consommer ta liberté en t'accablant de promesses situant l'action plus loin, à venir. Ta saveur m'est un espace privilégié que j'ai le bonheur de traverser à chacune de tes présences. C'est un délice incomparable, aussi insaisissable qu'une aurore. Et qu'il me soit donné ou non de revivre de tels instants ne m'intéresse guère.
Pure contingence, tu surgis au bon vouloir de la providence et je t'observe alors, enfant fasciné.

Il me reste encore des images de toi. Comme je me souviens des fleurs du printemps dernier. Quelle est cette relation au-delà ? Existe-t-elle seulement ? Bien sûr, par le vent, la pluie et le soleil. Elle est partout, à chaque instant. Elle est et rien ne saurait la défaire sinon, un jour, demain, ma mort. Mais cela n'a pas d'importance. Tu m'as désigné le ciel avec ce geste et ce mot : voilà !
Que restait-il à dire ? Je me suis rendu compte qu'il fallait tout oublier, tout repenser pour voir, voir enfin. Et qu'il fallait pardonner. Pardonner pour oublier. Pardonner parce que l'on voit. Mais pas question, jamais ! de revenir en arrière, de se donner aux souvenirs, sous quelque prétexte que ce soit. Continuer vers la mort, revenir, en fait, mais d'autre manière, parce que c'est le chemin.
Le savoir, en prendre pleinement conscience. Il n'est d'autre vérité, seconde après seconde, que celle, seconde après seconde, qui se fait.

Je suis le temps, autant qu'il m'est.   
 

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Vendredi 1 mai 2009
Quand l'opacité devient constance assimilée, l'eau feu, le feu de l'air, la mer n'est plus qu'une étendue sourde aux chagrins non dicibles.
Lorsque jours et nuits se confondent en fatigue prégnante, que tout est lisse, glisse, s'enlisent les causes animatrices.
Quand le mouvement ne trouve plus justesse en l'espace, que l'espace est conscient du temps et qu'eux d'eux s'entendent à fomenter l'infini sentiment d'abandon.
Quand la conscience se mire en elle-même, s'absorbe et s'annihile, les couleurs s'abusent et se fanent dans l'essence de leurs spécieuses ondes.
Quand imposent les montagnes l'insulte grave de leur morte pierre, la blancheur de leur neige reste à jamais l'anamorphose interdite de l'observateur affranchi.
Quand plaine est plainte, hurlement non convenu, s'affole le souffle, haletant de ne plus rencontrer.
Quand l'originelle énergie nargue du fond de l'espace le jeu disgracieux des intelligences désespérées, s'anoblit la substance inconnue. Masse sombre sans concession ! force d'ombre désemparant s'emparant.
Quand on ressent tout cela.
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Interlignes
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Vendredi 1 mai 2009
guère d'amour par ici sinon peut-être en étant tout à fait sincère une sorte de servitude bien étudiée et sacrément bien implantée tellement d'ailleurs que même les gènes se gênent de ne pas y penser seulement voilà la grande et véritable hémorragie nous visse sur nos sièges sans autre solution que d'y assigner âme et corps ou d'être seul dans la fourmilière géante qui est soi multiplié à l'infini finit donc les amourettes dans les foins et les coins de bois buvons un coup ça passera et l'on oubliera qu'après les ventres s'arrondissent de pré-chialeurs qui n'ont rien demandé mais qui ne se gêneront pas de lui bouffer le meilleur d'elle-même dans son physique et son mental pour les 20 ans à venir ni plus ni moins et c'est pitié de voir cet absolu qu'est l'amour transformé en machine de production de futurs pions tel que soi mais bon il paraît que ça marche et cela continuera de marcher tant que le marché des yeux de biche fonctionnera ras le bol et divorce certes mettant un terme au scénario joué d'avance sans cependant freiner la machine à mouflets qui n'ont toujours rien demandé et qui méritent tellement d'amour qu'ils en deviennent despotes au grand cours inconscients des remous qu'ils produisent en développant leur ego décuplé par la vague psychologique en train de neutraliser le monde dément déjà mais bon c'est la loi paraît-il et le choix est donné bien entendu de ne pas passer par là alors pourquoi se plaignent-ils alors qu'ils savaient exactement de quoi il en retournait je vous le demande on se le demande depuis des lustres sur la planète qui s'en fout or la réponse est simple et lumineuse depuis des lustres aussi c'est simple et sans détour ourdissant conflits et malentendus mais l'amour c'est l'amour et ça ne produit rien d'autre que l'amour vous dis-je sans prétention ça vibre ça tourne ça vole ça virevolte ça se suffit et puis c'est là et ça ne demande rien d'autre que ça sans explication ni convention ni autre tralala d'admission
Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Figer le monde...
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Dimanche 19 avril 2009
Tentons l'expérience fameuse de l'exercice répété et ne craignons pas les métaphores hallucinées. Avançons sans concession par les brumes de nos absences et continuons le travail commencé au seuil de l'enfance. Qu'ils nous croient ou non, c'est comme cela et non seulement le dimanche avant l'apéro. C'est tous les jours, c'est la nuit, cela relève parfois de la guerre. C'est une guerre, c'est la plus belle des guerres, celle que l'on accepte de perdre, que l'on peut reprendre et qui nous voit parfois victorieux, des années plus tard. Cela arrive.
Surtout, fuyons les écoles, gardons intactes nos essences et traçons, reprenons, oublions, revenons-y toujours avec envie. Il faut que cela soit et par l'erreur, avancer, comprendre, saisir.
On pût dire : Lis tes ratures !
Il n'y a rien de plus instructif que les ratures.
Cela, bien entendu, n'intéressera en rien le marché et c'est normal. Cherchons les niches, n'établissons pas de stratégie pour le marché mais pour ce qui défile, là. Tenons bon.
Tout est dans la durée, sachons nous tenir dans la musique.    
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : L'acte d'écrire
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Lundi 13 avril 2009

GR

J'ai souvent ressenti ce désir profond de marcher l'Europe de l'ouest avec, comme il se doit, bourdon et chapeau.
Mon chargement ne serait pas bien lourd, je partirais lège, quasi. Et les rencontres que je ferais suffiraient délicieusement à mon parcours, bien entendu solitaire.

Je marche, mais avant tout, je vois, j'entends, je respire et peut-être m'arrêté-je pour gratter quelques lignes. J'ai mon carnet, compagnon, ami, passe-partout, billet pour multiples destinations. Dévotes attentions. Ce n'est pas une histoire de croyance tout en étant une grande histoire de foi. Ce ne sont pas les reliques, c'est ce qu'étaient les reliques. Après, qu'elles fussent "encathédralées" ou restées introuvées et prétendues légendaires, cela n'a pas d'importance. Tout comme le fait qu'il s'agît d'hommes ou de femmes. Le souffle poussant était le même.
Il est tout, dans ce souffle, cet inaudible murmure.
Il est d'autant plus important de le noter qu'est fort le vent - le vent ! - mugissant ces siècles sur la planète.

La plaine est immense, sans fin, hérissée d'herbe rase, timide. C'est à peine si quelque arbre ose en surgir. C'est à peine, de surcroît, si les mots s'osent. Le murmure, déjà ? Laissons venir, continuons sans hâte.

Aubes et crépuscules marquent mes mouvements. Il n'est pas d'autre vérité que celle-ci et si je m'égare, je suis vite rassuré. On ne m'attend pas. Tout va bien.

J'accueille des villes - vite fuies -, des villages plutôt sympathiques, des mémoriaux que j'oublie sur-le-champ pour n'en garder que le parfum, l'oblicité de la lumière s'y reposant. Je mélangerai, plus tard. C'est une constance. Je verrai du soleil dans la pluie et des aurores à la place des midis. Je ne serai qu'à peine celui qui écrira, tant est grande la dominance du tableau surgissant.

Si la destination est fixée, je suis à chaque instant au but. Le projet est permanent, le trajet interminable. La non-fin se déroule, se découvre, s'invente aussi, au fur et à mesure que s'estompent les questions; inutiles en l'occurrence.

Je suis dans la réponse, la mémoire, la mémoire entière est donnée... et je me réjouis de n'être pas seul, tout à fait, sur la route. 
 
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Dimanche 12 avril 2009
pensée globale en continu ni nuancée d'analyse ni d'étude réelle réalisable probablement mais une sorte d'instinctive dépendance indépendante puisque non dépendante de nos structures infimes et finies donc voilà et c'est tout là sous les yeux jour après jour dans le défilement du toujours pas si figé qu'on veut bien le croire crénom constant développement des plausibilités devenant réalité par hasard pas si hasardeux que cela mais hasard quand même pour échapper au destin donc aux destinées dont à la forcée programmation qui ne laisserait aucune chance à la liberté du choix qui ne serait plus qu'un choix choisi d'avance par une force und idée une être une entité bref un dieu auquel plus personne ne croit ni ne veut croire car la science babélique atteint aux confins du rien et c'est là et c'est tout droit et c'est sans fin comme le loi des quantas quant à nous nous n'avons qu'à bien nous tenir et garder en mémoire la ridicule portion du continu qu'il nous incombe d'occuper sans encombre si possible comme maintenant sur ce banc dans un parc minuscule en-dessous d'une église s'écrit un temps qui se déroule au-dessus supra de tout et la balançoire rajoute un symbole bien vu ses allers ses retours régulièrement incités par la brise autre symbole et la route au-dessous aux trafic divers bien sûr pareils tandis qu'infini se déroule sans heurt si ce n'est l'intrusion d'une bête à moteur meuglant sa rumination ce qui fait se souvenir qu'ici-bas tout ce qui bruite fort à raison mais perd face au silence des institutions auxquelles nous opposerons le silence des silences tournoyant en fond englobant tout et tous situé bien moins loin qu'on le pense c'est juste sous la fine couche de bruit entretenue par souci d'existence alors après c'est sûr c'est la débâcle la panique et l'angoisse le trou béant où le troupeau hébété tête au pis du diable tout en bêlant d'immondes insanités tragico-comiques comme en son temps certains discours au long cours de l'histoire en cours mais transitoire toujours en regard de l'infini balancement menteur moins menteur néanmoins que tout le reste des actives ténacités des entités déplacées puis remplacées sans explications sinon peut-être celle de l'âge ou de la maladie et parfois celle de la non-conformité dangereuse pour les structures voulant sculpter sans interruption d'ère l'être de tous les temps en en faisant l'objet qu'une objection mène à l'éjection sans transition vers les espaces en marges marquées d'indigence soutenue d'aucune indulgence     
Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Interlignes
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Samedi 4 avril 2009
Deux pochards assis au coin de la terre étendaient leur regard aux confins du dicible tout en devisant tranquillement. Ah, le jour ne sera plus, dit l'un sans quitter le ciel des yeux. Oh, le jour n'a jamais été, répondit l'autre en s'octroyant une rasade d'au-delà.
- Mais penses-tu que nous ayons raté notre vie ?
L'autre sourit, lui tendit la bouteille.
- De quelle vie parles-tu, l'ami ? N'avons-nous pas toujours été là, jouissant de la gratuité  sublime ?
- Je l'admets, oui, mais nous n'avons rien construit, rien fait de concret, servi à personne !
- Et bien, comme cela nous n'aurons qu'à peine dérangé l'ordre des choses.
Il reprit une grande gorgée.
- La mort est dans la vie, la décadence en chaque civilisation. Nous vécûmes dans le temps vrai, celui non quantifiable.
- Oui, reprit le premier. On ne nous aura pas remarqué et cela est bon.
Sur ce, ils déchirèrent les papiers aliénant et les jetèrent à l'espace.
Les bribes de leurs passeports se mirent immédiatement à graviter autour du premier astéroïde venu et disparaissant aussitôt dans le cosmos.
Ils virent, là, une signe.
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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