Samedi 17 janvier 2009
Sonnez signaux divers, directement aux coeurs en déréliction des hommes, seul zoomés  par les docteurs de l'âme.
Sonnez !
Sonnez sempiternelles compensations aux corps décors vibrant sous l'infini qui les casse sereinement.
Sonnez !
Ils s'éprennent, s'étreignent, s'astreignent, se lassent et recommencent.
Tourner en rond est leur seule aventure.
Sonnez promesses débiles aux corps morts consommant par défaut de substance subtile jusqu'à l'épuisement des substances vitales.

Sonnés, ils sonnent alors aux portes de la sagesse et s'emportent encore - les ingrats - qu'elles ne s ouvrent pas de suite à leur précieuse présence.
Par David Charles - Publié dans : Textes
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Dimanche 11 janvier 2009
Eole s'accordait ce jour quelque amusement tout gentillet et les champs y prêtaient leurs atours, bienveillant. On l'entendait chuchoter dans les blés et le maïs saluant avec révérence le passage de celui qui restait.
Un chahut parmi les feuilles oblongues, papotage exalté. Ces commères !
Au loin, au pied de l'horizon, l'ample forêt aux devinés individus, étirait ses faîtes sur la toile lisse intense. Pinceaux minuscules, plumets, plumes.
L'air était sec et doux.
Les chemins parmi les champs cachés évoquaient le révolu inscrit en l'éternité. Cette éternité-là, principe de la vie. Celui qui restait traversé de tout et tous.
Il aimait à considérer cela.
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Interlignes
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Dimanche 11 janvier 2009
Cher ami,

Ainsi vous êtes parti. Sans bagages ou presque, vous allez vers l'inconnu de ces terres qui vous tentent tant depuis des mois. Ému mais non surpris. Vous en saviez l'échéance depuis des années sans que celle-ci, néanmoins, ne fut jamais précisée en temps et en heure. Et puisque nous y sommes, les heures vous sont acquises, dès à présent et la liberté, de facto réalisée, j'en suis sûr, vous improvisera d'autres vacances, toujours un peu plus hors, haut, dehors.
Vous me demandez des reflets d'ici et je ne saurais que vous parler d'hiver, de froid, de réclusion. Vous ne m'en voudrez pas, par conséquent, de plutôt, rédigeant, songer à vous sous le ciel tendre d'une saison préférentielle. Et puis, nous ne saurions mettre nos vies en parangon, vous, sonde spatiale, moi, station terrestre, l'âme incurvée, en mode récepteur.
Vous êtes parti parce qu'il fallait que vous le fassiez, parce qu'il vous a été d'une évidence totale, ce matin-là, seul où vous savez, qu'il ne pût en être autrement. Vous ne sûtes trouver les mots lorsque, revenu pour régler quelques affaires en souffrance, nous nous sommes rencontrés, l'espace d'une heure fragile. Il y avait cette envie de transcrire l'aube vécue alors et par laquelle tout vous parut clair et cette réticence - non voulue - au moment de passer à l'imprécis des mots. Vous eûtes toute mon empathie, ce moment, je connais tant cette sensation, que dis-je ! cet état, moi qui vit dans le bruit et la bougeotte.
Vacances ? Non, pensé-je, ces mois à venir n'en seront pas. Vous partez, un peu ascétique vers une lumière dont vous seul percevez la blanche esquisse sans encore en saisir peut-être tout à fait la véritable teneur. Mais l'important, Cher ami, est de sentir cette poussée, aussi indicible fût-elle.
Vous là-bas, moi ici, vous le gigantesque des espaces, moi la réclusion, vous les kilomètres, moi les lignes, vous le soleil, moi l'encre noire, vous le sac à dos, moi les carnets. Vous et moi, finalement, absents. On tirât des parallèles, n'est-ce pas ?
Soyez donc partout où vous êtes heureux.
(Je ne ponctue pas cette dernière phrase à dessein, vous choisirez ou prendrez tout).
Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : L'acte d'écrire
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Samedi 10 janvier 2009
Éteindre le réveil, rester un peu, encore. Douillette chaleur.
Se lever quand même. Boire son café. Se préparer, se parer, s'embaumer. Se regarder dans le glace. Se raser. Se coiffer. Se trouver présentable... Vendable. Être certain d'avoir oublié quelque chose. Se creuser la tête, ne pas se souvenir. Boire son second café. Fumer une cigarette. Mettre son manteau.
Ouvrir et fermer la porte. Appeler, attendre l'ascenseur. Descendre. Descendre ! Marcher dans le couloir. Ouvrir la porte du garage. Monter dans la voiture, tourner la clef, rouler. Attendre à l'entrée de la ville.
Se parquer. Sourire aux collègues. Dire quelques mots. Prendre l'ascenseur avec eux. Ne plus savoir que dire. Regarder défiler les étages. Intégrer son bureau. S'asseoir. Allumer son ordinateur. Consulter les messages. Se lever. Aller chercher un café. Préparer sa journée. S'asseoir à nouveau. Se souvenir de l'oubli, se dépêcher. Répondre au téléphone. Sourire au téléphone, à l'écran. Parler. Beaucoup. Dîner avec des gens, sourire, rire. Les trouver sympathiques. Revenir. S'asseoir. Consulter les mails. Travailler. Répondre au téléphone. Parler encore. Boire un café.
Se lever. Prendre l'ascenseur. Regarder défiler les étages, sourire aux collègues. Prendre la voiture. Attendre à la sortie de la ville. écouter la radio. Rouler. Rentrer au garage. Se parquer. Tourner la clef. Marcher dans le couloir. Appeler, attendre l'ascenseur.

Ouvrir et fermer la porte. Fumer une cigarette et puis ouvrir la fenêtre et puis se doucher.

Ensuite, je m'assieds, j'ouvre le cahier, j'écris.  

 
Par David Charles - Publié dans : Chamellerie - Communauté : Ecrire
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Samedi 3 janvier 2009
Rien ne change. Je place cette assertion, bien entendu, dans un contexte temporel dépassant les quelques années en arrière, en avant, que l'être à mémoire et dénué de toute prescience - il en est certes quelques uns mais vite muselés, chiffres à l'appui - est encore capable de "penser". La pensée, de surcroît, n'est plus à l'ordre du jour que lors de très particulières manifestations, encadrées comme il se doit d'un cordon "sécuritaire" mis en place par les gardiens de la propagande.
Rien ne change ? Non. Homo lupus omini. On reste dans la notion de nature, profondément, essentiellement. Transposée, c'est évident et logique, sur toute production humaine, non artistique. La convention est de plus en plus chantage, on confond tout et les mots perdent leur sens à force d'être rhétoriquement contrôlés. Il appert que cela ne doit, ne peut changer dans cette création-ci qu'on essaie de faire tenir debout de façon synthétique. On s'étonne après - mais au fond, on s'en arrange bien -, que les gens, à leur tour, s'évadent aux mondes virtuels. Nous avons ceci de plus sur la nature, de savoir persister dans nos erreurs. Rien de neuf, disais-je.
Les garde-fous tiennent le coup, tout va bien.
L'idée du monde est entrée en phase d'équilibrisme, elle s'apprête à passer l'épreuve du temps.
L'avenir nous dira s'il ne s'agissait-là que d'un examen de passage. 


Par David Charles - Publié dans : Chamellerie - Communauté : Interlignes
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Jeudi 1 janvier 2009
A vous ces quelques notes sans prétention, prises un jour quelque part dans l'intention de votre attention. Vous n'en saurez les essences mais cela n'importe guère puisque vous en saisissez déjà les guerres. Si nos lieux, nos façons en tout diffèrent, nos espérances, elles, ont les pareils horizons qui font que nous nous rejoignons au point précis de leur conclusion.
Vous savez, tout comme je le sais, l'impossibilité d'une complète réalisation mais n'allons pas gémir, n'est-ce pas, puisque l'élan qui nous porte est sans fin.
Oh, il est de ces arrêts pénibles, de ces moments où tout pèse, écrase, implique doute et perclusion. Sachons cependant nous reposer parfois, relever les yeux, nous laisser tenter par le vide qui est partout. Peut-être reprendrions-nous quelques livres de silence, y plongerions-nous un peu plus loin et qui sait, peut-être verrions-nous.
Il me semble que nous le pourrions. 
Et après ? N'y pensons pas. On ne peut imaginer l'après qu'en spéculant sur les contingences, ce qui nous coûterait un précieux temps, n'est-ce pas ? Bien des gens pensent disposer de l'après, bien d'autres prétendent ne vivre qu'au présent or, nous sommes vous et moi conscients qu'il s'agit-là d'une partition bien difficile à jouer. C'est la route mentionnée plus haut. Ainsi, nous irons encore un peu plus loin nos différents chemins.
Nous savons où ils mènent. Nous savons ne jamais pouvoir qu'effleurer la promesse. Mais nous savons que tout est là.  
Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Ecrire
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Jeudi 1 janvier 2009

III

sombre sobriété des espaces interglaciaires mais le silence surtout le silence avant tout quoi quoi pas de pause d'arrêt de respiration de point de virgule de point-virgule hérésie sans nom à mort à mort mais non mais non c'est juste le temps qui s'écoule se tend s'étend se perd au loin loin loin loin les règles les lois la bienséance licencieuse au fond un retour à la musique de l'infini aux noires soeurs desquelles naquirent jadis la respiration profonde des vérités insondables ah je me souviens je reviens je reviens toujours je reviens sans cesse petits accrocs de la plume sur le vélin mais rien de grave je reviens je me souviens des débuts débats au-delà de l'ère de Planck j'y étais c'est sûr et vous aussi d'ailleurs revenez-y un peu ce n'est pas ailleurs c'est ici c'est là c'est maintenant c'est d'ailleurs ce qui fait qu'on est là ici maintenant immédiatement c'est l'immédiat acquis dans l'éternité sympathique entourant englobant enivrante éternité toujours un peu plus loin toujours un peu plus en avance et qui donne sentence mais arrêtez donc avec votre éternité vos aléatoires musiques vos élucubrations là sans queue ni tête hé hé justement justement et permettez-moi d'insister sur les sombres sobriétés des espaces interglaciaires l'infinité des nombres l'universelle unicité  seule grande unique université vous y viendrez je sais je sais c'est écrit c'est noté et puis la musique les amis passe outre la mesure  
Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Interlignes
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Samedi 27 décembre 2008
C'est une petit chambre où vaque le soleil par les jouets reclus, les poupées en désordre et le livre d'images resté ouvert à la page qu'elle vit avant que cela n'arrive.
Avant.
Peut-être d'ailleurs regarde-t-elle encore, peut-être est-elle dans cette lumière venant s'amuser au-travers du silence. Peut-être.
C'est pour cette raison que tout, tout doit rester en place.
Elle est encore là, quelque part, elle est partout désormais. Tel son sourire édenté aux songes de ses parents.
Ils s'asseyent souvent près de la porte.
Ils ne disent rien. Ils pleurent parfois. Ils prient souvent puisqu'on ne sait jamais.
Ils s'imaginent des choses. Toujours les mêmes.
Ils ne sont plus dans le temps. Il y sont au centre, exactement au centre. C'est l'éternité.
Chaque jour, doucement, très doucement, le soleil coule dans la chambre, donne un instant vie aux objets. Elle est si pleine, la chambre, si pleine de vide.
Ils sont là.
Ils ne disent rien.
Ils regardent. 
Cela fait des années.
C'est l'été. C'est l'automne, c'est l'automne toujours. C'est le crépuscule sans fin.
Alors ils se mettent à désirer la nuit. La nuit noire !

Ils partiraient ensuite chercher au ciel l'étoile nouvelle.

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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Vendredi 26 décembre 2008

II

mots mots mots phrases idées suprématie des mots musique des mots musique danse des mots sinon rien sinon peut-être attente des mots en panne sec atrophié estropié handicapé un peu il faut la mélodie l'évolution l'aller rivière torrent cascade et tout recommence se met en place alors en attendant gammes gammes pour les gemmes à venir ellipses louvoiement exprès arpentages des chemins de traverse sans autre verbe que l'idée d'écoulement haut bas gauche droite l'écriture se fait dans le sens du temps est dans le temps au centre qui est partout qui est là tout de suite après la main la main toujours toujours pas de tapotage d'écran de curseur non non jamais papier encre carnet l'écrit naturel dans le naturel par le naturel avec le naturel écrit main jeu de main jeu de malin et comme souvent hennit celui qui mal pense parole paroles mais la parole n'a plus la valeur de celle qui fut donnée jadis j'écris dans le jadis avec les armes du jadis application des valeurs d'antan des couleurs et jeu du miroir écrire c'est refléter véritablement ce qui n'existe pas fiction du réel transsubstantiation des ondes du dedans du monde et tentative d'explication qu'on ne s'y trompe pas toute la vie est là deux lignes pour la synthèse du groupement humain oui deux pas trois ni quatre deux chacun munis d'un espoir fou se balade au-travers du désespoir comblant compensation délirantes addictions bourrant la momie d'instants de folies s'évaporant dans l'immédiat décuité des suites sans suite ne pas s'en faire tous sont déjà morts on ne va pas leur en vouloir on ne va pas leur jeter la montagne mais ils ne comprennent pas s'occupent encore et toujours du montage de leurs films presque conscients se défilent au bout du monde pensant là-bas des paradis pardi partis ils pensent aller mieux bien rester écrire le bonheur est dans l'écrit parti on l'est quand on écrit et là juste à côté éclate la corolle colorée dans le petit jardin au bord de la ville d'étain où passent éteints les visages fermés des statues mourant sous le ciel immense
Par David Charles - Publié dans : Infini - Communauté : Interlignes
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Dimanche 21 décembre 2008

I

pluie soleil pluie soleil jour nuit ombres et clartés moi éclaté parmi passant passant silencieux mais attention radar observatoire caméra magnétoscope radiesthésiste accusant le coup des ondes le traversant je vais partout je suis partout je ne vais nulle part ne suis nulle part ne suis rien ni personne passant passant j'insiste puisque rien au tout on est dans le tout on est tout valeur valeur valeur ils n'ont que ce mot dans l'espace restreint de leurs réflexions je veux le souffle le vent l'esprit la psyché au début était l'esprit le vent le souffle et je suis au début toujours toujours toujours tout le jour de mes yeux voyant qui est aussi la nuit des rêves découvrant au firmament des manèges déroutant mais convaincants jour nuit nuit et jour l'harmonie est mirifique l'atome intelligent l'univers conscient vous ne me croyez pas cherchez cherchez mieux cherchez encore et sans cesse un jour une nuit vous verrez vous verrez le proche est à l'image du très loin tout est ensemble pareil et autre mais même dans toutes les directions plus loin que ne portent les yeux les télescopes les radiotélescopes et Hubble tournoyant là-haut débarrassé des parasitages atmosphériques alors moi moi moi vous savez petit moi grand moi jamais moi mais en progression constante mais pas d'aller pas de tachymètre ni de compteur kilométrique de statistiques tic toc toc tic moi en revenir en refus catégorique d'aboutissant donc en révolution constante la constance est tout quand on sait l'aboutissement inexistant passant passant en revenant sans inquiétude ni résignation vers la musique des sphères là-haut ici là-bas partout imperméable aux théories aux discours au blabla incessant qui dérange et aliène vers l'infinie marche s'en va le corps et l'esprit  se vidant des leçons apprises et c'est alors doucement très doucement imperceptiblement que se détache sans hâte l'imprécise et précieuse psalmodie de l'obscure
Par David Charles - Publié dans : Chamellerie - Communauté : Ecrire
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