Samedi 4 juillet 2009
Je me souviens d'un regard inconnu où s'est perdue la vie. Le monde s'est offusqué de tant de beauté sacrifiée. On note : le monde assied l'agonisante beauté sur ses genoux et... la pleure.
Cela rassure.
Mais le monde décide de ce qu'est la beauté. Il détermine les images, trie et montre du doigt l'insulte qu'une balle perdue vient de proférer. Aucune balle  n'est jamais perdue lorsqu'elle a été tirée.
C'est pourtant tous les jours, c'est à côté mais l'occasion, en l'occurrence, était trop belle. Il fallait ne la rater sous aucun prétexte.
Or, chaque vie détruite est une beauté que l'on injurie, chaque espèce animale disparaissant est un miracle sur lequel on crache, chaque injustice, chaque ostracisme fait montre de mépris envers la vie, donc envers la beauté.
Fauchée bien tôt par l'erreur d'erreurs, elle nous souffle doucement d'ailleurs le murmure d'une leçon d'objectivité à saisir d'urgence, par-delà conventions, idéologies, modes et politique au rabais. 
Un jour, nous n'aurons plus les moyens d'être hypocrites.
Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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