Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 12:16

Cadeaux, cartes, rubans, lumières, fois gras, pâtés, mousses et glaces, hop, hop, les courses sont diverses et urgentes. Papiers, projets, listes, visionner la place des convives, leurs vœux, intérêts, petits penchants et la neige, la neige c’est pour quand ? Le froid dehors rapprochant.

 

Oh, cette période ! Il ne regarde qu’au loin, la blancheur sur les cimes et plus loin encore, dans le ciel, l’impossible oubli. Il sort promener son corps loin de l’effervescence, ira peut-être sur une tombe mettre de l’ordre dans les hortensias posés le mois passé.

 

Vite, vite, vers la ville, c’est ouvert ce dimanche. Place de parc, chance, chance, c’est bien qu’ils soient ouverts. Saumon, toast, viande, du pain mais oui mais surtout sauces, bûche, cravate, bouteille au travers des bonnets, poussettes, passe-montagne, cannes, bâton, déambulateurs dernier cri.

 

Ils se croisent.

 

Il s’arrête près d’un champs, se parque, respire. Rien n’empêche plus de n’y plus penser. Il y a bien des choses en ce mot mais c’est un mot qui souvient. Et puis ici, rien non plus pour que cette envie de ne parler à personne soit rendue coupable.

 

Pressons, c’est le soir, table, costume, frigo, cave, cadeaux, vins, salades, viandes, sourires, rires, ivresses et petit Jésus.

Foule, froid, marche, poussettes, après-ski, place de parc.

 

Ils se croisent à nouveaux.

 

Fêter quand même ? Mais fêter quoi ? Le crépuscule joli où hésitent quelques flocons. Il ouvre une bouteille, ni trop rouge, ni trop blanc, ah le petit bruit du bouchon dans la pièce sans sapin. Pas de télé, ce soir, soit trop baveux − il ne veux pas qu’on lui rappelle qu’il est seul −, soit trop familial − sa famille est son je qui est ailleurs.

 

Santé, santé, tout brille bien sous l’étoile d’argent, les paquets vont s’ouvrir, la tension s’abaisser, l’homme en rouge s’apprêter. Il est l’heure les enfants, hop, hop, au lit, sable, rêves et sourire de petits déjà jouant.

Une grappa pour digérer ?

Santé ! au frigidaire gardant les restes d’une raclette avalée sans appétit. Le monde impose déjà beaucoup moins, tourne un peu mieux malgré ces rires en dessus, à côté.

Une grappa pour digérer ?

Par David Charles - Publié dans : Textes - Communauté : Figer le monde...
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