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Rencontré au hasard d’une flânerie, l’aigu de votre présence placée au firmament m’a plu tout de suite. Vous me parliez, ou, du moins, l’ai-je cru.
L’histoire que vous me ne me racontiez pas se devinait néanmoins sur les remparts de votre corps. Quelques griffures indiquaient, en des places très précises, les sépultures des notables qui vous ont libéré et le vitrail de votre regard m’a acquis à votre cause.
Quelle était-elle ? − Chut !
Plongé dans l’ombre, j’écoutai couler le temps qu’ordonnait un soleil frère. Votre âme est un déambulatoire au travers duquel j’aurais aimé passer en des temps variés. Je voulus voir vivre ces recueils de poussières dans les lumières diverses des saisons et des lunes.
Que s’y disait-il et avec quels accents ?
Vous respiriez, ces jours d’été, des parfums orphelins qui racontaient une source de plus en plus diluée. On ne savait plus très bien mais vous rappeliez sans cesse à vos visiteurs que tout converge, qu’il est une erreur de vous approcher, un dessein à l’esprit. Ceux qui le comprirent et se laissèrent ensilencer furent alors accueillis, recueillis et se retrouvèrent réunis, comme par miracle. Ils vinrent, restèrent. Leurs traces sont partout dans les ténèbres de votre présence, Cher Milan. Elle sonne comme une diane aux auditeurs attentifs.
Ils passaient, donc, sans un mot, de jour comme de nuit, au travers du temps disculpé, libéré par les ombres qu’ils languissaient. Leurs traces sont fraîches. Les notes qu’ils vous ont apportées vibrent encore aujourd’hui d’une mémoire éternelle.
J’ai rejoint l’immunité de votre solitude comme on visite un vieux parent perclus dans le temps, à la sagesse duquel on aimerait boire. Ni isolement, ni abandon, dans l’entièreté d’une vérité, un départ, une arrivée, une origine, un soi. Ce qui est seul est attiré par ce qui est seul et ne cesse de vouloir le rallier dans un désir de fusion.
Qui, déjà, écrivit que certains lieux ont de l’esprit ? Car vous êtes un lieu où se raconte par tous la même recherche, n’est-ce pas ? Combien avez-vous vu de ces drôles de conflits qui n’ont laissé d’empreinte qu’une intrigue que l’on s’attache à garder par simple voyeurisme ?
Impassible, vous convoquez en vos lieux les voyageurs du temps qui passeront tandis que vous resterez sans doute.
Vous souriez ? C’est au chêne de Hongrie à votre porte ombrageant, protégeant, ah, murmurant.