Ils sont assis et rêvent de temps étrangers à la présence de leur corps. La réalité n’est pas ce que l’ont croit ; elle déloge celui qu’elle habite. Reliés pour un temps, les cœurs s’affaissent en ...
Tout va bien. La lumière est sublime, l’air empli de parfums printaniers et je vais acheter du pain, comme tous les samedis depuis cinq ans. On m’attend pour déjeuner. Je ne rentrerai pas tard. Je ...
Cher, Ce qui nous lie nous sépare et te connaître est une idée que je n’ai plus depuis longtemps. Je te sais multiple et tout le silence qui émane de toi n’est qu’une couverture posée sur un ...
rêves rares les forêts sont hantées d’aphrodites des marais qu’une gargouille populaire craint mais en fait doucement prodigués leurs soins sans méfaits restaurent et rassurent restes d’air ...
Cadeaux, cartes, rubans, lumières, fois gras, pâtés, mousses et glaces, hop, hop, les courses sont diverses et urgentes. Papiers, projets, listes, visionner la place des convives, leurs vœux, ...
Ils sont partout désormais. Espagne, Grèce, Belgique, Allemagne, Etats-Unis. Qui ? Eux ! Qui ça eux ? Tous et personne. Un peuple ? Même pas, un mouvement, une idée en marche, un désir de ...
Les mains tendent vers le galbe se géminant de temps en temps, procurant aux yeux l’étincelle d’enfance. Cela sille au-dessus un trouble deviné plus que vu mais cela trace une image résistant… Ces ...
Rencontré au hasard d’une flânerie, l’aigu de votre présence placée au firmament m’a plu tout de suite. Vous me parliez, ou, du moins, l’ai-je cru. L’histoire que vous me ne me racontiez pas se ...
Ombre et lumière s’écarquillent dans la chambre où le corps se repose. Les volets sont fermés, les murs, silence, ajouté du murmure tes tableaux. Ombre et lumière font au plafond le combat dans le ...
oublié pas pour tous car voici que certains se préparent en silence au grand rapt des sens dans l’intime déchéance qui précède c’est certain la puissance le pouvoir sensations d’existence dénuées ...
Tout rendre, ne rien garder sinon un peu de chaleur que la nuit oubliera. Prendre d’hier au présent des flexions d’autrui, qui les prirent d’hier en leur présent d’antan. Fléchir à nouveau ne ...
J’écris dans le sable ce qu’évoque le vent du désert : aucun projet. Pas d’objet. Point de repère. Cela signifie qu’il n’est de lieu où demeurer, où être. Aucun chez soi. Chez soi n’est jamais ...
Je n’irai pas à l’école cet après-midi. La fièvre, à laquelle j’ai rajouté quelques plaintes inutiles, m’impose de rester au lit. J’entends partir mes camarades avec un entrain que je ne comprends ...
c’est beurré fin mais pas borné qu’on poursuit la balade maladive des pourquoi vers pour quoi mais pour quoi ces pourquoi on sait pas tu sais toi tu sais pas reste là bien tranquille et tais-toi ...
Celui qui est avant cède une mémoire dont celui qui suit n’a pas conscience. Celui qui précède cède sa vie pour que soit une vie. Ainsi font les étoiles arrivées au terme de leur éclat par ...
La pétulance des Dahlias attise l’appétit des assis observant, les genoux croisés, le clair déluge qui sourd des petits jardins. L’essaim de feuilles dort, quiet, tandis que bougonnent les ...
Immense œil clos, rouillant d’un pleur discret. Les ans grattent, délicats, patients bourreaux, la porte derrière laquelle l’âme recrue n’a plus qu’un passé pour nourrir son présent. L’avenir est ...
avion voiture train tram motos cars bus camions moteurs partout vibrant crépitant crachant crissant pour faire glisser plus vite toujours et encore et avec toujours plus de tintamarre claquement ...
Sous l’aube grise et blanche passent en silence les premiers pendulaires. Le chêne centenaire qui ne cherche à plaire, questionné en dirait long. Ils pensent sublimes d’autres abîmes de feu et de ...
L’éprise de glace ignore l’eau sous elle. Il lui prend des désirs sédentaires et se vêt de ses plus belles parures pour appâter les regards. Vue, commentée, elle sera ce que jamais ne deviendra sa ...
On évoque tous ce même lieu ou l’on fût en paix. Un lieu auquel on appartînt, qui fût à tous et à chacun en même temps qu’à personne. Il inspire depuis la nuit des hommes une nostalgie intrigante, ...
Si d’aventure, il advenait que nous nous voyions, oublions tout et revenons à ce que personne ne sait. Les soirées d’abandon où même la lumière dérange. Ce ciel illogique qui ne répond plus. Ces ...
vent pluie vent pluie neige vent d’en haut d’en bas d’ouest ou bien d’est glacé gelé des plaines mortes d’horizons cachés par les collines à marcher vers le ciel ou du moins ses promesses ses ...
Nous mangions sans appétit. Nous consommions par mimétisme, évitant les silences, les miroirs trop précis. Il nous semblait en la vie un parallèle possible, une chance à saisir. Nous nous mîmes à ...
Condenser le monde en un point minuscule non déductible. Retourner à l’image figée disant tout. Au fantasme inconscient. Approcher l’infini, l’éternel, l’indécelable. Confronter à l’indécidable, ...
Dans l’ici survenant l’historique d’une mémoire − sœur ! −, déviant, décidant, projetant, espérant. Toujours espérant. Du passé au présent surgissant. La cause est jadis, jadis est caché. Parfois, ...
Te voici donc questionnant devant moi et je contemple l’étendue infinie de ton désespoir que tu dis résultant d’être au corps prêtée l’instant d’une vie. Tes aspirations t’ont usée, pauvre, et tes ...
J’ai marché les chemins rigolant sous les pins, les sentiers minima où le pied est instable et le corps hésitant. J’ai goûté aux torrents l’eau d’en haut fraîche, translucide ; une amie succulente ...
Ça fait des années que je me fais de la peine. A force de vouloir contenter tout le monde j’ai fini par passer pour un faible aux yeux de tous. Le consensus n’est plus à l’ordre du jour qu’en cas ...
Sur le banc baille la dame forte au chapeau démodé Parsemant son regard sur le couple enlacé Sur la rose de la fille et l’envie du garçon Sur leurs gestes imprécis leurs sourires leurs façons Plus ...
On nous a accueilli en héros. Pour eux, nous avions gagné la guerre. Pour nous, elle continuait. Quelque chose de nous était encore là-bas, quelque chose de là-bas avait pris possession de quelque ...
Je ne suis pas avare. J’ai passé ma vie à prendre ma relation avec l’argent très au sérieux. Je notais chaque dépense à venir, pesais le pour et le contre et finissais très souvent par ne pas la ...
Le panneau bleu marqué « P » devant l’entrée des urgences, indique qu’il est autorisé de se garer pour une durée limitée à 15 minutes. Madame X n’y prend pas garde. Elle y met souvent son ...
J’irai à tes pupilles puiser la denrée nécessaire au babil de mon cœur et l’appui de ton regard emplira ma pépie sans cesse vers toi tendue. Mes papilles auront l’impatience des enfances voyant ta ...
Non conscient de l’entêtement du temps, je travaillais à ma distraction. Cela me suffisait. Acharné mais non empressé, je ne voyais rien d’autre que ce qui se déroulait et le jour quittant suivait ...
Montagnes ! On vous suggère une existence entre bleus et blancs glacés mais c’est le silence avant tout, la petitesse des corps se mouvant avec peine au creux des combes comme des impasses. Remis ...
Ils m’ont enlevée à ma tranquille torpeur dans l’après-midi de mars ensoleillé. J’étais encore en train de digérer ma purée de midi. Elle ne passe plus très bien depuis l’année passée. Ils étaient ...
Comme dans les films, on se met au bar. On se met là parce qu’on a pas vraiment d’autre endroit où aller. Plus loin, plus tard, c’est l’insomnie, la banquise nocturne, le silence, le mauvais ...
terrassé car la mort venait de frapper j’ai pensé à Liber libero libérant l’âme d’abattements non menteurs mettant à bas les blabla des rhéteurs pour l’éternité il me semblait probablement or ...
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Petits textes au hasard des nuits.
Tentatives, essais de style, travail des silences, traversées de désert, dressage de chameaux.
davidcharlesch@yahoo.fr