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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 11:57

Cher,

 

Ce qui nous lie nous sépare et te connaître est une idée que je n’ai plus depuis longtemps. Je te sais multiple et tout le silence qui émane de toi n’est qu’une couverture posée sur un mystère hurlant. Tes désirs ne me sont pas clairs. On dirait que les jours te font et te défont. On dirait que rien ne saurait te faire trouver un semblant de sérénité.

Tes obédiences, tes croyances, tes convictions ! s’envolent au premier vent venu. Je n’arrive plus à te prendre au sérieux lorsque tu me parles d’idée fixe. Tout est stratégie, tu t’inventes un équilibre auquel tu tiens un peu puis l’oublies si les circonstances viennent à changer. Ton originalité est un leurre. Il serait d’ailleurs plus juste de te parler au pluriel ou à la troisième personne du singulier, ce qui me détacherait définitivement de tes manigances psychologiquement correctes.

Allez, tant pis, je te dis je quand même puisqu’il faut bien croire en quelque chose.    

Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Interlignes
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 12:11

Rencontré au hasard d’une flânerie, l’aigu de votre présence placée au firmament m’a plu tout de suite. Vous me parliez, ou, du moins, l’ai-je cru.

L’histoire que vous me ne me racontiez pas se devinait néanmoins sur les remparts de votre corps. Quelques griffures indiquaient, en des places très précises, les sépultures des notables qui vous ont libéré et le vitrail de votre regard m’a acquis à votre cause.

Quelle était-elle ? − Chut !

Plongé dans l’ombre, j’écoutai couler le temps qu’ordonnait un soleil frère. Votre âme est un déambulatoire au travers duquel j’aurais aimé passer en des temps variés. Je voulus voir vivre ces recueils de poussières dans les lumières diverses des saisons et des lunes.

Que s’y disait-il et avec quels accents ?

 

Vous respiriez, ces jours d’été, des parfums orphelins qui racontaient une source de plus en plus diluée. On ne savait plus très bien mais vous rappeliez sans cesse à vos visiteurs que tout converge, qu’il est une erreur de vous approcher, un dessein à l’esprit. Ceux qui le comprirent et se laissèrent ensilencer furent alors accueillis, recueillis et se retrouvèrent réunis, comme par miracle. Ils vinrent, restèrent. Leurs traces sont partout dans les ténèbres de votre présence, Cher Milan. Elle sonne comme une diane aux auditeurs attentifs.

Ils passaient, donc, sans un mot, de jour comme de nuit, au travers du temps disculpé, libéré par les ombres qu’ils languissaient. Leurs traces sont fraîches. Les notes qu’ils vous ont apportées vibrent encore aujourd’hui d’une mémoire éternelle.

J’ai rejoint l’immunité de votre solitude comme on visite un vieux parent perclus dans le temps, à la sagesse duquel on aimerait boire. Ni isolement, ni abandon, dans l’entièreté d’une vérité, un départ, une arrivée, une origine, un soi. Ce qui est seul est attiré par ce qui est seul et ne cesse de vouloir le rallier dans un désir de fusion.

Qui, déjà, écrivit que certains lieux ont de l’esprit ? Car vous êtes un lieu où se raconte par tous la même recherche, n’est-ce pas ? Combien avez-vous vu de ces drôles de conflits qui n’ont laissé d’empreinte qu’une intrigue que l’on s’attache à garder par simple voyeurisme ?

Impassible, vous convoquez en vos lieux les voyageurs du temps qui passeront tandis que vous resterez sans doute.

Vous souriez ? C’est au chêne de Hongrie à votre porte ombrageant, protégeant, ah, murmurant. 

Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 17:54

Te voici donc questionnant devant moi et je contemple l’étendue infinie de ton désespoir que tu dis résultant d’être au corps prêtée l’instant d’une vie.

Tes aspirations t’ont usée, pauvre, et tes prétentions, inculquées pour la plupart, ont fini de t’épuiser.

Ne te morfonds pas, repose-toi. D’autres avant toi saisirent n’être dans le temps qu’une mémoire en train.

Mémoire nécessaire au continu évolutif mais envahissante à tel point qu’en est occulté l’essence même. Qui a commencé ? La langue ou la pensée ? Ou les deux ?

L’anéantissement que tu crains est pourtant le but de ta recherche. L’inaccessible a toujours été l’objectif de toute pensée. Et sa perdition.

L’inaccessible n’est pas devant soi. Ni derrière. L’inaccessible est l’essence justement occultée par la pensée. Il englobe. Nous sommes comme l’univers. Incapable de se penser. Il est cependant de partout un rayonnement dit fossile, toujours égal.  

Nous nous sommes de par trop éloignés du naturel, de l’original et c’est par toi que l’essence, désormais, nous est cachée. Si nous savions nous ne saurions pas savoir.

La Genèse nous informe qu’ayant acquis la connaissance du bien et du mal, les premiers des hommes furent chassés du paradis.

Un « paradis » auquel je suggère tes aspirations dédiées. Un lieu qui a été perdu mais non oublié.

L’infini de ton désespoir, chère pensée, est la souffrance de n’y être plus, le désir irrépressible d’y revenir. L’infini de ton désespoir est l’inavouable nostalgie de ce lieu du temps où tu n’étais pas.

Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Figer le monde...
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 20:29
Monsieur,

Aux masses sombres donné vous voguez, à présent, photon parmi l'immensité dont vous savez sans doute déjà quelque vérité.
Reste l'effet des matins calmes sur vos corps, le décor absorbant dans lequel couler d'amples séances de travail solitaire, acharné décharné. Car c'est avant tout, n'est-ce pas, participer à l'entour tel objet fléchissant, réfléchissant, transformant mais aussi : sublimant. S'il y eut d'improbables transcendances, il y eut aussi des retours, des présences entières amenant non par hasard à l'étude infime, pointilleuse, caractéristique, ou autres visionnaires qualités esquissant le personnage en devenir constant que vous fûtes.
Ces matins, l'un après l'autre. Noir sur crème dans les carnets noirs, un peu à l'image du café accompagnant ces lignes que vous accompagnez... peut-être. On n'en sait trop rien, les avis divergent. Et puis l'âme est depuis longtemps remise en question. Elle semblait partout, pourtant, dans ces matins traversés spectralement. Elle sourdait en illuminations en vos lieux, révélant, découvrant, dévoilant, retirant soudain l'argile non encore sec de devant les yeux. Tout s'expliquait soudain, tout est très simple et le restera. On sait bien "nos" programmes des mises en cage, sortes de garde-fou qui, d'ailleurs, fonctionnent très bien.
Le marché de l'argile à de beaux jours devant lui.
Vous suivrez cela d'un clin d'oeil espéré en paix, goûtant l'indicible ivresse d'être en vie, désormais.
L'ultimité de l'écrire est de n'écrire plus, étant l'écriture.
Soyez en grâce.         
Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Ecrire
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 19:40
Cher ami,

Qu'en est-il de vos errances à peine ? Parlez-moi donc du temps, des lieux, des lumières, de vos émerveillements. J'aimerais tant sentir la mer à vos côtés, vous écoutant me parler de Rimbaud, d'Artaud et d'Emily Dickinson dont je vous sais jouisseur infatigable.
Vous m'êtes précieux, tant. Il est de ces rencontres qui changent une vie, la mettant en feu, oui, en feu. De ces feux-là qui purifient, absolvent et emplissent d'une prodigieuse énergie.
Cher grand ami, je vous imagine aller, le recueil dans la poche de votre pantalon, écorné, maltraité un peu, annoté surtout, chercher la lumière ou l'endroit propice à l'interprétation de ces pièces de silence. Je vous jalouse de n'avoir d'autres loisirs que celui-là tout en sachant, et vous me l'avez confié, qu'il s'agit avant tout d'un sacerdoce. Vous comprenez mieux que quiconque et l'infime étude à laquelle vous consacrez la majeure partie de votre vie vous rend vivant parmi les morts.
N'en déplaise à Pascal et avec Marc Aurèle, vous savez ne pas tourner autour de tout et vous concentrer sur peu sans toutefois prétendre savoir.
Nous sommes d'accord sur ce point, que la recherche est sans fin.
Je vous vois aussi assis sur la plage, songeant à l'infini et disant au ressac des aubes, des nuits, des silences en narguant un peu la bougeotte incontrôlée du monde des hommes. Vous avez appris, vous, qu'il est des refuges dont le prix est abordable à tous. Après, c'est une affaire de force, de volonté.
Pour ma part, je suis pareil au bateau éméché, tiraillé de gauche et de droite par d'absolus devoirs mais j'y travaille continûment.
En attendant, je vous admire et vous encourage car il n'est pas d'existence plus louable que celle dédiée à ouvrir les oreilles et les yeux de ses contemporains. Il est si vrai qu'on sait de moins en moins lire.      
Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Ecrire
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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 12:27
Chère amie,

Vous me notez un soleil, des parfums de moi inconnus, des rencontres essentielles qui rassurent - mais oui - sur la nature humaine, des allers poudroyant par des routes non encore bétonnées d'obligeances commerciales.
Vous me signifiez des êtres vivants - et je rajoute à dessein : vivants - dont l'existence prête à l'âme l'impulsion délicieuse d'un répondant.
Les souvenirs se créent et se mêlent aux années d'antan dont vous faites un présent toujours, me semble-t-il, sis au sein de vos minutes. Où que vous soyez.
Il neige en mes lieux, sans discontinuer, et la blancheur du paysage à l'entour s'étonne et s'émerveille des souriants saris dansant en chantant vos jours.
Contrées respectueuses. On a les couleurs qu'on mérite.
J'imagine - me trompé-je ? - des voeux de sédentarisation.
Ces plages sous le ciel scintillant, desquelles vous jouiriez, soir après soir, bercée du ressac murmurant quelque sempiternelle vérité. Et le feu, le feu ! fascinant, si symbolique auprès de l'eau. Ce même feu souvenu soudain dans quelqu'âtre d'un ailleurs moins tempéré.
J'écris à l'été d'un hiver.
Il est bon de savoir un autre monde dans le monde.
Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Ecrire
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Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 14:03
Cher ami,

Ainsi vous êtes parti. Sans bagages ou presque, vous allez vers l'inconnu de ces terres qui vous tentent tant depuis des mois. Ému mais non surpris. Vous en saviez l'échéance depuis des années sans que celle-ci, néanmoins, ne fut jamais précisée en temps et en heure. Et puisque nous y sommes, les heures vous sont acquises, dès à présent et la liberté, de facto réalisée, j'en suis sûr, vous improvisera d'autres vacances, toujours un peu plus hors, haut, dehors.
Vous me demandez des reflets d'ici et je ne saurais que vous parler d'hiver, de froid, de réclusion. Vous ne m'en voudrez pas, par conséquent, de plutôt, rédigeant, songer à vous sous le ciel tendre d'une saison préférentielle. Et puis, nous ne saurions mettre nos vies en parangon, vous, sonde spatiale, moi, station terrestre, l'âme incurvée, en mode récepteur.
Vous êtes parti parce qu'il fallait que vous le fassiez, parce qu'il vous a été d'une évidence totale, ce matin-là, seul où vous savez, qu'il ne pût en être autrement. Vous ne sûtes trouver les mots lorsque, revenu pour régler quelques affaires en souffrance, nous nous sommes rencontrés, l'espace d'une heure fragile. Il y avait cette envie de transcrire l'aube vécue alors et par laquelle tout vous parut clair et cette réticence - non voulue - au moment de passer à l'imprécis des mots. Vous eûtes toute mon empathie, ce moment, je connais tant cette sensation, que dis-je ! cet état, moi qui vit dans le bruit et la bougeotte.
Vacances ? Non, pensé-je, ces mois à venir n'en seront pas. Vous partez, un peu ascétique vers une lumière dont vous seul percevez la blanche esquisse sans encore en saisir peut-être tout à fait la véritable teneur. Mais l'important, Cher ami, est de sentir cette poussée, aussi indicible fût-elle.
Vous là-bas, moi ici, vous le gigantesque des espaces, moi la réclusion, vous les kilomètres, moi les lignes, vous le soleil, moi l'encre noire, vous le sac à dos, moi les carnets. Vous et moi, finalement, absents. On tirât des parallèles, n'est-ce pas ?
Soyez donc partout où vous êtes heureux.
(Je ne ponctue pas cette dernière phrase à dessein, vous choisirez ou prendrez tout).
Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : L'acte d'écrire
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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /Jan /2009 10:14
A vous ces quelques notes sans prétention, prises un jour quelque part dans l'intention de votre attention. Vous n'en saurez les essences mais cela n'importe guère puisque vous en saisissez déjà les guerres. Si nos lieux, nos façons en tout diffèrent, nos espérances, elles, ont les pareils horizons qui font que nous nous rejoignons au point précis de leur conclusion.
Vous savez, tout comme je le sais, l'impossibilité d'une complète réalisation mais n'allons pas gémir, n'est-ce pas, puisque l'élan qui nous porte est sans fin.
Oh, il est de ces arrêts pénibles, de ces moments où tout pèse, écrase, implique doute et perclusion. Sachons cependant nous reposer parfois, relever les yeux, nous laisser tenter par le vide qui est partout. Peut-être reprendrions-nous quelques livres de silence, y plongerions-nous un peu plus loin et qui sait, peut-être verrions-nous.
Il me semble que nous le pourrions. 
Et après ? N'y pensons pas. On ne peut imaginer l'après qu'en spéculant sur les contingences, ce qui nous coûterait un précieux temps, n'est-ce pas ? Bien des gens pensent disposer de l'après, bien d'autres prétendent ne vivre qu'au présent or, nous sommes vous et moi conscients qu'il s'agit-là d'une partition bien difficile à jouer. C'est la route mentionnée plus haut. Ainsi, nous irons encore un peu plus loin nos différents chemins.
Nous savons où ils mènent. Nous savons ne jamais pouvoir qu'effleurer la promesse. Mais nous savons que tout est là.  
Par David Charles - Publié dans : Messages - Communauté : Ecrire
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